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  • « Humane » : Caitlin Cronenberg joint la famille de cinéastes avec son premier thriller écologique [Entrevue]

    « Humane » : Caitlin Cronenberg joint la famille de cinéastes avec son premier thriller écologique [Entrevue]

    La cinéaste Caitlin Cronenberg, fille de David Cronenberg et soeur de Brandon Cronenberg (Infinity Pool), présente son premier long-métrage, Humane (Humain), maintenant disponible en vidéo sur demande et dans quelques salles au Québec.

    Dans le film, 20% de la population mondiale doit se porter volontaire pour mourir afin d’espérer régler la crise environnementale. Un dîner de famille tournera au chaos lorsque le plan du père pour s’enrôler dans le nouveau programme d’euthanasie du gouvernement dérape terriblement.

    Horreur Québec a profité du passage de la cinéaste à Montréal pour la rencontrer.

    Notre entrevue avec Caitlin Cronenberg est disponible en format vidéo ou en transcription écrite ci-dessous :


    Horreur Québec : Enchanté de vous rencontrer, Caitlin. Avant de commencer, j’ai vu que vous étiez au Criterion Closet hier.

    Caitlin Cronenberg : Oh, mon dieu, oui. 

    HQ : Je ne vais pas mentir, je suis un peu jaloux.

    CC : Je pense que tout le monde devrait être jaloux si vous êtes intéressé par le cinéma, alors vous devriez certainement être jaloux. C’était absolument incroyable.

    HQ : C’est sur ma liste de choses à faire. J’ai besoin de vous demander un choix que vous avez fait pendant cette vidéo, si vous le pouvez.

    CC : Oui. Vous savez quoi, j’ai ramené à la maison le film Fast Times at Ridgemont High. Et je n’avais même pas réalisé qu’il y avait une édition Criterion. Je n’en avais aucune idée quand je l’ai vu, je me suis dit que c’était sûr. Il n’y a pas de doute. Je pense donc avoir fait de bons choix.

    HQ : C’est parfait. Je suis tellement jaloux. Une fois dans ma vie. J’espère pouvoir le faire. Aller dans ce placard.

    CC : L’autre chose, c’est qu’ils sont si gentils. Tous les gens qui y travaillent sont très gentils.

    HQ : Est-ce que vous avez pu prendre beaucoup de choses?

    CC : J’ai eu 5 disques. Il y a une limite de 5.

    HQ : Génial.

    CC : Parce que les gens deviennent fous, ce que je comprends tout à fait. On peut devenir fou là-dedans, mais c’était une planification minutieuse et de bons choix, je pense, parce que ma famille a déjà beaucoup d’éditions Criterion antérieures. Je peux donc les oublier.

    HQ : Oui, c’est vrai. Comme je vous disais, j’écris pour un site web sur l’horreur et je voulais vous demander quel est, selon vous, l’aspect le plus effrayant de votre film?

    CC : Oh, bien sûr. Je pense que l’aspect le plus effrayant d’Humane est le fait qu’il est si proche de la réalité dans laquelle nous vivons. Vous savez, je pense que la première fois que j’ai lu le scénario, c’était avant la COVID, et vivant une pandémie, quelque chose qu’aucun d’entre nous n’a jamais vécu dans notre vie, et comprendre à quel point nous sommes fragiles en tant que planète et à quel point les choses peuvent changer rapidement est quelque chose qui était amusant d’explorer d’une manière qui, vous savez, ne se concentrait pas vraiment sur cela, mais plutôt sur la famille. Mais le fait que ce soit si proche de notre réalité est vraiment terrifiant.

    HQ : Tout à fait. Je suis tout à fait d’accord avec cela. Mais c’est en fait parce que cela ressemble beaucoup à un conte d’avertissement sur l’état du climat et tout ce qui se passe. Je suis donc curieux de savoir pourquoi maintenant. Qu’est-ce qui vous a donné l’impression que c’était le moment idéal et comment les étoiles se sont alignées pour ce projet?

    CC : C’est assez amusant, parce que Michael l’a écrit avant la pandémie. Je trouve donc étrange tout ce qui s’est passé depuis que nous nous sommes lancés dans ce projet. C’est comme ces années où deux réalisateurs font un film sur une comète qui frappe la terre et ce n’est qu’une coïncidence. C’est comme ça qu’on l’a ressenti. J’ai eu l’impression qu’il y avait plus de conversations sur le suicide médicalement assisté, en particulier au Canada. Et il n’y en avait pas autant il y a cinq ans, lorsque nous avons eu ces conversations pour la première fois. Je pense que c’est simplement quelque chose qui est dans l’air et qu’on réalise qui est très répandu et dont nous commençons juste à parler davantage parce que ce sont les problèmes auxquels nous sommes confrontés.

    HQ : Tout à fait. C’est une excellente réponse parce qu’il y a aussi ce commentaire social sur la surpopulation. Et je suis curieux de savoir quelle a été votre approche à ce sujet. Quel genre de sous-texte vouliez-vous créer avec la surpopulation?

    CC : Je pense que nous sommes un peu immunisés pour vraiment comprendre le problème de la surpopulation au Canada. Parce que nous avons un si grand pays et étonnamment peu d’habitants à l’opposé de tant d’autres pays qui sont très, très peuplés. Honnêtement, je n’avais pas l’intention d’en faire un moment d’éducation sur la surpopulation. Je pense que tout cela fait partie de la même crise. Ce n’est pas à moi, en tant que non-experte et non-scientifique, d’expliquer cela au public. Et je ne voudrais jamais que quelqu’un se méprenne sur mes intentions. Je suis vraiment heureuse de créer ce film, que j’espère divertissant, qui vous fait réfléchir et vous amène à vous poser des questions. Devrais-je accorder plus d’attention aux changements climatiques? Devrais-je m’informer davantage sur ces questions? Et quelles sont les questions que je dois vraiment me poser?

    HQ : Tout à fait. Vous parlez de l’aspect comique du film, même si c’est plus une comédie noire, je dirais quand même qu’il y a des moments drôles, et que c’est un peu comme une comédie, d’une certaine manière. Je suis curieux de savoir comment vous avez procédé pour choisir des Canadiens comme Jay Baruchel et Emily Hampshire, qui viennent du milieu de l’humour et qui ont fait beaucoup de comédies.

    CC : Le scénario était drôle. Le scénario a toujours été drôle et c’est l’une des choses que j’ai vraiment aimées à son sujet. Je pense que le thème principal, sans le sursis de la comédie, est sombre. C’est tellement sombre que je ne pense pas que je pourrais être assise ici, excitée d’en parler cinq ans plus tard, s’il s’agissait du film le plus déprimant jamais réalisé. C’est plus difficile de convaincre les gens de voir un film déprimant sur quelque chose qui se passe dans notre monde. On savait que c’était drôle. Je pense que recruter des acteurs avec un bagage comique incroyable peut être inquiétant pour les fans d’horreur et de thriller, parce qu’on ne veut pas que le film devienne une comédie pure et dure. Mais j’étais très confiante dans le fait que tous nos acteurs qui penchent du côté de la comédie ont aussi d’incroyables talents d’acteurs sérieux et en général. Ils ont eu l’occasion de briller dans toutes les directions. Ces personnages ont tellement de facettes, ce sont des gens méprisables. Mais vous voyez leur cœur briller à quelques moments, un peu d’émotion ici et là, et puis complètement méprisables pour le reste. Je pense que les gens sont intrinsèquement drôles, beaucoup de gens ont tendance à utiliser l’humour comme moyen de défense lorsqu’ils ont peur, et j’ai donc pensé qu’il était tout à fait naturel qu’ils se cachent derrière cet humour dans ces moments-là. 

    HQ : Oui, c’est très intéressant, parce que Jay Baruchel est quelqu’un qui aurait pu être vu comme un mauvais casting, et je mets beaucoup d’emphase sur « aurait pu », mais en fin de compte, peut-être que son personnage semble être mal intentionné au début, mais au fur et à mesure que le film progresse, vous trouvez une façon intéressante de développer son personnage. Ce n’était pas prévisible. La façon dont vous traitez ces personnages, c’était vraiment intéressant. Et en ce qui concerne la dynamique familiale, une fois de plus, c’est quelque chose qui est vraiment un thème principal du film, et je suis juste curieux, qu’est-ce qui vous a personnellement inspiré pour explorer la relation entre frères et sœurs et parents?

    CC : Je dirais que la famille de Michael est plus semblable en termes d’arrangement que la mienne. Je vais le commettre et dire qu’il a écrit ceci, non pas basé sur sa famille, mais au moins inspiré par une dynamique plus complexe entre frères et sœurs. Je pense que ma famille est assez ennuyeuse parce que nous nous entendons tous bien. Nous nous aimons vraiment. Il n’y a pas de tension dans ma famille. C’est un environnement où l’on s’aime et où l’on se soutient. Cela ne transpire pas du tout dans ce film, mais je pense que c’est assez amusant d’explorer une famille si différente de la mienne, et cela m’a donné un peu plus de liberté pour dire : «Allez, tu ne frapperais pas ton frère, tu ne le poignarderais pas?»

    HQ : Oui, j’ai parfois frappé mon frère dans ma vie. Je l’ai fait. On s’est battus.

    CC : J’ai deux garçons qui ont 4 et 8 ans. Ne serait-ce qu’en observant leur dynamique, à quel point ils peuvent être proches et aimants à un moment donné et à quel point ils peuvent se battre à un autre moment et, vous savez, essayer de balancer l’autre en bas des escaliers. Et tout ce qu’il y a entre les deux. Tout cela pour dire que les émotions sont très vives et que la dynamique entre frères et sœurs est vraiment très intéressante. Ça commence dès la naissance.

    HQ : C’est tout à fait vrai. Et j’ai l’impression que quelque part, quand je regardais le film, je me disais: « Oh, peut-être qu’une partie de la famille de Caitlin est projetée dans ces personnages ». Mais j’aime beaucoup le fait que ce soit plus du côté de Michael, qui est le scénariste et le producteur, c’est vraiment intéressant. Aussi compte tenu de la grande ambition du projet, parce qu’il s’agit de dépeindre ce monde dystopique dans lequel ils vivent, quel a été, selon vous, le plus grand défi en matière de budget pendant le tournage, pas nécessairement au niveau du budget, mais plus des contraintes? Qu’est-ce qui a rendu les choses un peu plus difficiles au niveau de la réalisation de vos ambitions pour ce film?

    CC : Nous avons eu 20 jours pour tourner le film, ce qui est très court, je dirais. Il y a beaucoup d’action, il y a beaucoup de cascades, il y a de lourdes scènes de dialogues tout au long du film. C’était aussi un défi de construire le monde à l’extérieur de la maison de manière satisfaisante. Tout en gardant l’impression d’un drame familial intime, je ne voulais pas montrer d’immenses plans d’ensemble du désert (9:17???). Je ne sentais pas qu’il s’agissait de ce genre de film. Encore une fois, il ne s’agit pas d’une leçon sur les changements climatiques. Il s’agit plutôt d’un drame familial. L’utilisation des médias dans la maison et le fait que le personnage de Charles ait été présentateur de journaux télévisés pendant si longtemps, alors il a toujours le canal des nouvelles allumé, et utiliser ça comme mécanisme pour renseigner le public, sans être trop explicite, sur ce qui se passe dans le monde extérieur. Mais nous voulions aussi faire confiance au public et lui faire comprendre que vous pouvez savoir ce qui se passe avec juste un peu d’informations et, en même temps, ce n’est pas un moment apocalyptique à la The Road. C’est ce qui me semble le plus réaliste si l’environnement devait atteindre un point d’effondrement où nous serions en crise. Il faudrait plus de temps pour le ressentir dans les villes. Ce ne serait pas tout d’un coup le chaos, les incendies, les gens qui mettent le feu aux voitures de police et les émeutes. Ça commence dans les grandes zones naturelles, j’imagine. Et ça s’infiltre dans les villes par la suite. Alors, pour eux, passer la porte et avoir l’impression que tout est normal, c’est un peu plus troublant pour moi en sachant ce qui se passe.

    HQ : Ça semble plus proche de la réalité. Et vous parliez des extraits des nouvelles et de la radio qui joue. Pourquoi vouliez-vous commencer le film de cette façon, avec les nouvelles et le message à la radio comme pour immerger le public dans le monde?

    CC : Absolument oui. Et ce n’était pas forcément dans le scénario dès le départ. D’accord, nous avions plus de panneaux d’affichage et de publicités, mais ce n’était pas mieux. C’était mieux de commencer par « voici le monde ». Si vous étiez un personnage dans ce monde, c’est ce que vous entendriez tous les jours. Mais vous savez, il y a beaucoup d’« Easter Eggs ». Si vous revenez en arrière dans le film et que vous lisez chaque ligne sur les textes d’information défilant à l’écran, vous verrez que chacune d’entre elles a été écrite par Michael [Sparaga, scénariste]. Il y a beaucoup de bijoux cachés.

    HQ : J’ai l’impression d’en avoir remarqué deux ou trois, dont je ne peux me rappeler pour l’instant. 

    CC : Moi non plus!

    HQ : Mais je me souviens d’avoir vu quelques trucs. C’était très intéressant. Et nous avons parlé du climat. D’une certaine manière, le film est un appel à l’action. Qu’aimeriez-vous que le public retienne du film?

    CC : Je crois fermement qu’il est de notre devoir de nous éduquer. Encore une fois, je n’espère pas que ce film sera un moment qui vous éduquera, parce que ce n’est pas son but, mais je pense que le fait qu’il semble un peu trop proche de nous est quelque chose qui pourrait, je l’espère, encourager les gens qui n’ont pas autant réfléchi à ce sujet à comprendre à quel point les choses changent rapidement. Le fait que nous ayons tous vécu la COVID a vraiment changé l’esprit des gens et leur a permis de comprendre que ça peut aussi leur arriver. La famille pense clairement qu’elle ne sera pas touchée par cette crise et puis elle l’est. Je me souviens d’avoir eu un bébé en février 2020. Il y avait un cas de COVID à Toronto. Et je me disais: « OK, bon, peu importe, je vais juste avoir ce bébé et rentrer à la maison et la vie sera normale ». Et puis, trois semaines plus tard, tout s’est arrêté. J’ai vraiment pensé à ce moment-là que cela ne m’affecterait pas. Il s’agit d’un problème mondial qui se produit ailleurs. Ce n’est pas un problème qui va m’arriver. Et trois semaines plus tard, nous avons tous vécu collectivement cette expérience traumatisante. C’est terrifiant d’y songer, et je pense qu’il nous appartient de lire les nouvelles, d’écouter les scientifiques, de comprendre ce qui se passe en matière de population, de changements climatiques. Le réchauffement de la planète est en cours. Nous en avons tous fait l’expérience. Nous le vivons aujourd’hui. Nous ne sommes pas si loin d’avoir besoin de plus de protection solaire. Ce sont des leçons que je veux que les gens apprennent par eux-mêmes, puis qu’ils voient mon film et, je l’espère, qu’ils rient et passent un bon moment, un petit moment d’évasion qui nous rappellera un peu le monde dans lequel nous vivons.

    HQ : Non, on n’a pas l’impression que vous vous acharnez sur le public. J’ai l’impression que vous trouvez un peu de légèreté dans les petits moments d’interaction entre les frères et sœurs et tout le reste. Il y a des moments drôles. Mais au fond, c’est aussi un peu un film d’horreur, si l’on peut dire. Il y a donc eu une forte évolution du genre de l’horreur au cours des dernières années. Peut-être plus aux yeux du public. Mais dans l’ensemble, comme vous et moi, j’ai l’impression que nous avons tous les deux été fans d’horreur toute notre vie. Enfin, je le suis, je ne sais pas pour vous?

    CC : Je ne l’étais pas!

    HQ : Vous ne l’étiez pas! C’est intéressant. Mais que pensez-vous de l’état de l’horreur dans les films d’aujourd’hui?

    CC : Je pense qu’il est vraiment intéressant de voir le genre de l’horreur évoluer vers des films et des projets qui dépassent les limites du genre et je ne classe pas celui-ci comme un film d’horreur. Je pense qu’il y a des éléments d’horreur, mais quelqu’un qui s’attend aux clichés classiques de l’horreur, il sera déçu par Humane. J’essaie d’être claire sur le fait que ce n’est pas la même chose que les films d’horreur auxquels nous pensons immédiatement lorsqu’on parle de films d’horreur. Il y a des choses horribles qui se passent dans le film. Mais quand je pense aux créateurs de contenu et aux réalisateurs, je pense qu’il y a plus de lignes intéressantes qui sont franchies dans le monde du genre, et je pense que cela donne aux gens la liberté d’explorer des concepts de manière nouvelle et de ne pas avoir peur de l’humour. De ne pas avoir peur de marier quelque chose de plus sombre et l’humour ensemble. Et je pense que c’est très amusant. Je pense qu’il y aura des projets très, très intéressants qui sortiront du genre dans les prochaines années. 

    HQ : Oui, c’est très intéressant. Et avant que je ne parte, mon amie Julia de Letterboxd aimerait connaître votre top 4 Letterboxd?

    CC : Je l’ai déjà fait!

    HQ : Vous l’avez déjà fait?

    CC : Oui, j’ai fait Letterboxd!

    ç : Quels films avez-vous choisis?

    CC : OK, j’ai choisi The Fugitive, Cabaret. J’ai choisi O Brother, where art thou?.

    HQ : J’adore ce film.

    CC : Et My Cousin Vinny.

    HQ : Wow! Vous êtes donc fan de comédies?

    CC : Oui! J’aime beaucoup la comédie. J’ai mis un thriller (The Fugitive) pour représenter un genre que j’aime. J’adore regarder des thrillers des années 90. J’aime les comédies musicales. Je viens de voir Eddie Redmayne dans Cabaret à New York il y a deux jours et c’était génial.

    HQ : Oh, wow.

    CC : C’était fabuleux.

    HQ : J’adore le fait qu’il soit revenu au théâtre.

    CC : Oh, c’est incroyable. Et il est tellement bon. Et puis je mets les frères Coen dans leur propre catégorie. O Brother, where art thou?, pour moi, est le film qui représente le moment où je suis tombée amoureuse de leur folie. Et puis My Cousin Vinny était mon film préféré depuis que j’étais enfant.

    HQ : C’est un film qu’on peut revoir n’importe quand! 

    CC : Tellement « re-regardable »! Et mon mari l’adore aussi, et nous connaissions tous les deux chaque mot quand nous nous sommes rencontrés. Et quand j’ai réalisé que nous connaissions tous les deux chaque ligne, je me suis dit que c’était mon âme sœur. Ça y est. Nous aimons tous les deux My Cousin Vinny.

    HQ : C’est un « keeper ».

    CC : Oui!

    HQ : J’ai été ravi de vous rencontrer et je vous félicite pour votre film. 

    CC : Merci beaucoup.


  • « Horreur Expo 2 » : Danielle Ouimet, les RKSS, Éric Tessier, Yves P. Pelletier et des dizaines d’exposants sur place le 1er juin!

    « Horreur Expo 2 » : Danielle Ouimet, les RKSS, Éric Tessier, Yves P. Pelletier et des dizaines d’exposants sur place le 1er juin!

    Marquez vos calendrier : après une première édition qui a connu un succès surprenant, la seconde mouture de l’événement Horreur Expo, organisé par la chaîne Frissons TV et la boutique Horreur Fanatik, est à nos portes.

    Horreur Expo 2 se déroulera le samedi 1er juin, au Centre communautaire Petite-Côte (5675, rue Lafond) de Montréal.

    La foire commerciale, qui comptera plus d’une cinquantaine d’exposant·e·s et de vendeur·euse·s, se déroulera de 9h à 17h. Vous y trouverez films, figurines, livres rares, autographes, affiches, oeuvres d’art et encore plus. Votre billet d’entrée au coût de huit dollars (en pré-vente) ou de dix dollars sur place vous donne un accès à toutes les activités sur place.

    Des invités à donner des sueurs froides

    L’organisation est fière de vous dévoiler les artistes invité·e·s sur place, qui viendront se prêter aux jeux du Q&A de 13h à 17h pour vous parler de leurs expériences.

    L’actrice et animatrice Danielle Ouimet sera sur place pour discuter avec nous de son expérience sur le tournage du chef-d’œuvre Daughters of Darkness d’Harry Kümel dans lequel elle a partagé la vedette avec Delphine Seyrig.

    Le réalisateur, acteur, scénariste et humoriste québécois Yves P. Pelletier sera également des nôtres pour nous parler de son rôle de Vlad dans les deux volets de la comédie d’horreur Karmina.

    C’est également avec plaisir que nous accueillerons le cinéaste Éric Tessier qui a signé les réalisations des longs métrages Sur le seuil, 5150, rue des Ormes et du récent The Amityville Curse.

    L’acteur et doubleur Stéphane Rivard, à qui l’on doit la célèbre voix francophone de Jigsaw, viendra démystifier pour nous l’art du doublage horrifique.

    Les lecteurs et lectrices auront la chance également de pouvoir questionner l’auteur Jonathan Reynolds (Abîmes, La Chose au fond de la boîte) sur ses romans, dont le registre englobe autant des histoires jeunesse que pour adultes.

    La chanteuse, guitariste, actrice, autrice et réalisatrice Anik Jean et l’animateur radio Sébastien Trudel viendront aussi discuter avec nous de leur balado intitulée Meurtres et Popcorn.

    Le recherchiste et scénariste des 35 capsules Chronologie Frissons sur la chaîne Frissons TV, Gregory Madore, nous fera la causette sur son travail et nous donnera plus de détails sur le documentaire traitant des sous-genres de l’horreur qui sera diffusé prochainement chez Frissons TV, sur lequel il a oeuvré.

    Finalement, RKSS, le trio derrière Turbo Kid et Summer of 84, enflammera la scène en échangeant sur leurs récents films We are Zombies et Wake Up.

    Par la suite, l’équipe d’Horreur Fanatik viendra casser la baraque avec un encan endiablé rempli d’objets de collection rares et des prix imbattables.

    Le concours de costumes et un quiz interactif seront également au menu.

    Au niveau musical, les groupes Screaming Demons et Dirty Cheetah auront le mot final de ce bain de sang en vous interprétant leurs meilleurs pièces.

    Commodités

    Pour les gens qui prévoient passer la journée sur place, des aires de repos avec nourriture et breuvages seront disponibles. Vous pourrez aussi profiter du soleil sur la terrasse en discutant avec d’autres fanatiques cocktail à la main. 

    Pour plus de détails, ou pour acheter vos billets, il vous est possible de vous diriger sur le site d’Horreur Expo.

  • « Fear Street 1988 : Prom Queen » : Netflix annonce le début de la production du nouveau film de la franchise [Vidéo]

    « Fear Street 1988 : Prom Queen » : Netflix annonce le début de la production du nouveau film de la franchise [Vidéo]

    Netflix dévoile aujourd’hui le début de la production de Fear Street 1988 : Prom Queen via ses réseaux sociaux.

    Après une première trilogie Fear Street (Part 1: 1994Part 2: 1978Part 3: 1966) inspirée de la série de livres à succès horrifiques de R.L. Stine, Prom Queen est basé sur le livre du même nom de l’auteur publié en 1992.

    Dans le film :

    Bienvenue à Shadyside. Dans ce nouvel épisode de la franchise Fear Street, la saison des bals de fin d’année à Shadyside High est en cours et la meute de filles populaires de l’école est occupée à ses habituelles campagnes douces et vicieuses pour la couronne. Mais lorsqu’une étrangère audacieuse est nommée à la cour de façon inattendue, et que les autres filles commencent à disparaître mystérieusement, la classe de 88 va soudainement vivre une nuit de bal d’enfer.

    India Fowler (The Nevers, Insomnia), Suzanna Son (Red Rocket, The Idol), Fina Strazza (Paper Girls, Above the Shadows), David Iacono (The Summer I Turned Pretty, Cinnamon), Ella Rubin (The Idea of You), Chris Klein (Sweet Magnolias, American Pie), with Lili Taylor (Outer Range, Manhunt) and Katherine Waterston (The End We Start From, Perry Mason) sont de la distribution.

    Matt Palmer (Calibre) réalise ce quatrième volet de la franchise Netflix.

    Voyez la nouvelle vidéo partagée aujourd’hui :

  • « Bring Her Back » : les réalisateurs de « Talk to Me » de retour chez A24 pour un nouveau film d’horreur

    « Bring Her Back » : les réalisateurs de « Talk to Me » de retour chez A24 pour un nouveau film d’horreur

    En plus d’une suite à Talk to Me, les frères Danny et Michael Philippou seront de retour chez A24 pour un nouveau film d’horreur intitulé Bring Her Back.

    Deadline annonce la nouvelle aujourd’hui, ajoutant que Sally Hawkins (The Shape Of Water) tiendra la vedette du film qui débutera sa production cet été.

    Les détails de l’intrigue du projet sont gardés secrets.

    Bring Her Back est produit par le duo de Talk To Me, Samantha Jennings et Kristina Ceyton, de Causeway Films, qui a notamment produit The Babadook et The Nightingale.

    L’été dernier, Talk to Me est devenu le film d’horreur d’A24 qui a rapporté le plus d’argent. Les Philippous développent également un projet de documentaire inspiré de leur propre périple dans le monde de la lutte clandestine internationale.

    Horreur Québec a eu la chance de s’entretenir avec les cinéastes lors de leur passage à Fantasia :

  • Le balado « Ministère de l’Horreur » de retour pour sa deuxième saison ce mercredi sur les ondes de CHOQ

    Le balado « Ministère de l’Horreur » de retour pour sa deuxième saison ce mercredi sur les ondes de CHOQ

    Les fans du Ministère de l’Horreur retrouveront leurs hôtes Gabriel Guertin-Pasquier et Catherine Estérez dès cette semaine.

    La deuxième saison du balado horrifique sera lancée ce mercredi à 20h sur les ondes de CHOQ. Le balado est également disponible sur les plateformes Spotify et Apple Podcast ainsi que sur les ondes de Radio-Victoria en Colombie-Britannique et d’Envol au Manitoba.

    Gabriel et Catherine, co-secrétaires et animateurs du balado Ministère de l’Horreur, analysent les thématiques, inspirations, images, allégories et petits détails de tes films d’horreur préférés.

    La première saison parue à l’automne 2023 avait offert des recherches sur Suspiria, Hell House LLC, Audition, Les innocents, Cannibal Holocaust, The Ring, Halloween, REC, Les 7 jours du Talion, Killer Klowns from Outer Space et Krampus.

    Pour débuter la nouvelle saison, le long-métrage Sinister de Scott Derrickson sera décortiqué. Une discussion sur la thématique du true crime sera également menée. Les autres films analysés au cours de la nouvelle saison seront annoncés prochainement.

    Vous pouvez également suivre les aventures du Ministère de l’Horreur via la page Instagram.

  • « Apartment 7A » : l’antépisode de « Rosemary’s Baby » arrivera enfin cet automne

    « Apartment 7A » : l’antépisode de « Rosemary’s Baby » arrivera enfin cet automne

    D’abord annoncé en 2021, on obtient enfin aujourd’hui des nouvelles d’Apartment 7A, l’antépisode prévu au classique de l’horreur Rosemary’s Baby.

    Paramount+ annonce aujourd’hui que le thriller psychologique mettant en vedette Julia Garner (Ozark) et réalisé par Natalie Erika James (Relic) sera diffusé en première cet automne exclusivement sur Paramount+ au Canada

    Se déroulant à New York en 1965, le film raconte l’histoire précédant le légendaire classique d’horreur Rosemary’s Baby, explorant ce qui s’est passé dans l’appartement avant que Rosemary n’y emménage.

    Lorsqu’une jeune danseuse en difficulté (Garner) subit une blessure dévastatrice, elle se retrouve attirée par des forces obscures lorsqu’un couple âgé, étrange et bien connecté, lui promet une chance d’accéder à la célébrité.

    Le film met également en vedette Dianne Wiest (Mayor of Kingstown), Jim Sturgess (Across the Universe) et Kevin McNally (Pirates of the Caribbean). Marli Siu (Everything I Know About Love), Andrew Buchan (All the Money in the World), Rosy McEwen (Blue Jean) et Kobna Holdbrook-Smith (Wonka) sont également de la distribution.

    Jeff Grossman, vice-président exécutif de la programmation de Paramount+, mentionne: « Apartment 7A est le moyen idéal de lancer la saison d’Halloween. La réalisatrice Natalie Erika James et la prodigieuse équipe créative ont conçu une nouvelle entrée glaçante et intelligente dans le genre. »

    Une première image du film est dévoilée :

    Apartment 7A, un film original de Paramount+ en association avec Paramount Pictures, est une production de Platinum Dunes / Sunday Night et est basé sur le roman Rosemary’s Baby d’Ira Levin.

    Avec une histoire de Skylar James et un scénario de Natalie Erika James & Christian White et Skylar James, le film est produit par Vicki Dee Rock et Alexa Ginsburg, et produit par John Krasinski, Allyson Seeger, p.g.a, Michael Bay, Andrew Form, p.g.a, et Brad Fuller.

  • « Evil Dead » : un autre volet de la franchise de Sam Raimi en développement

    « Evil Dead » : un autre volet de la franchise de Sam Raimi en développement

    En février dernier, on annonçait que Sébastien Vaniček (son Vermines est disponible dès aujourd’hui chez Shudder) avait été engagé pour co-écrire et réaliser un nouveau spin-off de la franchise Evil Dead pour Ghost House Pictures.

    Deadline révèle aujourd’hui qu’un autre film Evil Dead est maintenant en production. Ce dernier sera écrit et réalisé par le cinéaste américain Francis Galluppi (The Last Stop in Yuma County). On ignore encore les détails de l’intrigue de l’histoire originale que Galluppi a soumise à Raimi et son équipe.

    Dans une déclaration au média, Sam Raimi a mentionné :

    Francis Galluppi est un conteur qui sait quand nous faire patienter avec une tension latente et quand nous frapper avec une violence explosive. C’est un réalisateur qui a fait preuve d’une maîtrise hors du commun avec son premier long métrage.

    Ce premier long métrage, The Last Stop In Yuma County, sera distribué par Well Go USA Entertainment le 10 mai prochain et on voudra certainement y jeter un œil.

  • [Horreur FM] Top 10 des morts par le feu

    [Horreur FM] Top 10 des morts par le feu

    Alors que l’été approche à grands pas et que les températures commencent à grimper, plongez dans l’horreur brûlante avec mon top 10 des morts par le feu! Des scènes emblématiques où la chaleur devient le pire cauchemar, où les flammes dévorent tout sur leur passage et où l’angoisse monte au fur et à mesure que le feu se propage.

    Préparez-vous à être captivé·e·s, mais aussi à sentir la chaleur oppressante qui émane de ces moments terrifiants.

    Pour plus de vidéos, vous pouvez consulter ma chaîne YouTube.

  • [Critique] : « Humane » : un thriller familial qui tente de creuser plus loin sous la surface

    [Critique] : « Humane » : un thriller familial qui tente de creuser plus loin sous la surface

    Caitlin Cronenberg, fille du réalisateur canadien David Cronenberg (The Fly, Crimes of the Future) et sœur de Brandon Cronenberg (Possessor, Infinity Pool), nous propose un thriller aux saveurs de comédie noire et sous la forme d’un drame familial pour son premier long métrage Humane (Humain). Originairement photographe, la désormais réalisatrice se lance sur les traces familiales en abordant une thématique sinistre et dystopique qui s’inspire des projets typiquement cronenbergiens. Une question s’impose : Caitlin Cronenberg sera-t-elle en mesure d’honorer ses prédécesseurs avec cette production?

    Frappé par une crise environnementale à grande échelle, le monde souffre d'un problème de surpopulation; le gouvernement instaure alors un nouveau programme d'euthanasie rémunéré pour résorber la situation. Au travers de cette catastrophe, une famille riche se voit prise dans de beaux draps lorsque le patriarche leur annonce qu'il a décidé de s'inscrire au projet.

    Critique sociale intéressante, mais imprécise

    À la base, Humane porte une prémisse plutôt intéressante : une société surpeuplée, qui encourage ces citoyens à mourir en échange d’une grosse somme d’argent. On y ajoute l’aspect des changements climatiques, où les gens doivent se protéger en tout temps d’un soleil ardent aux rayons UV encore plus dangereux que notre étoile actuelle. Bref, les humains vivent dans la précarité et la peur. Ce mélange d’enjeux sociaux et environnementaux est évidemment un reflet extrapolé de notre propre situation (qui elle aussi en arrache, il faut le dire).

    Dans ce contexte, Cronenberg insère une famille extrêmement bien nantie qui représente un groupe méprisé dans ces circonstances apocalyptiques. Tous convié à un « dernier repas », on retrouve le père Charles (Peter Gallagher), ancien journaliste populaire, et sa femme Dawn (Uni Park), une cheffe de renommée, qui annoncent leur « grand voyage ». Parmi les personnes invitées, il y a le fils Jared (Jay Baruchel), un politicien exécrable; Noah (Sebastian Chacon), le fils adopté et ex toxicomane; Rachel (Emily Hampshire), représentante d’une compagnie pharmaceutique controversée, et Ashley (Alanna Bale), actrice sans succès.

    Éventuellement les frères et sœurs devront entrer dans une compétition sanglante pour déterminer qui devra prendre la place de Dawn, s’étant désistée à la dernière minute. Tout le monde joue cartes sur table, mais avec chacun leurs lots de vices, il est difficile d’établir qui devra y passer. Dès lors, on assiste à une sorte de chasse maladroite, tout en humour et en coups bas. Ici, les acteur·trices réussissent à nous divertir avec rythme en faisant monter et descendre la tension par intermittence.

    Humane nous amène à faire valoir les humains moralement en calculant leurs vertus et leurs transgressions : qui mérite d’être en vie et qui mérite de mourir? On ne va cependant pas jusqu’au bout de l’idée, en restant exclusivement dans le cadre serré et opulent de la famille York. Sans constater l’ampleur des inégalités causées par le projet chez les gens plus démunis, la critique que prétend faire le film n’explore pas la réalité dans son entièreté.

    Malgré ce manque de profondeur et un univers esthétique inabouti (décevant sachant les antécédents photographiques de Cronenberg), la réalisatrice réussit à bâtir un film plutôt intéressant et divertissant, mais sans plus.

  • [Critique] « Vermines (Infested) » : lorsqu’arachnophobie rime avec cinéphilie

    [Critique] « Vermines (Infested) » : lorsqu’arachnophobie rime avec cinéphilie

    Après avoir fait sensation dans les festivals à l’échelle mondiale, Vermines (Infested) arrive chez nous ce vendredi via Shudder. On peut parier que vous allez kiffer grave (comme c’est un film français, on s’adapte, hein). D’emblée, on se doit de confirmer que ce premier long métrage de Sébastien Vaniček n’a vraiment, mais vraiment pas volé les nombreuses accolades qu’il s’est méritées depuis sa première au Festival de Venise l’automne dernier.

    En plus de ses récentes nominations aux Césars, le film a remporté deux prix au Fantastic Fest (meilleur film et meilleur réalisateur, catégorie horreur), de même que le prix spécial du jury au prestigieux Sitges Film Festival, « pour être un film de monstre aussi puissant que politique ». Car Vaniček (avec qui on a pu discuter via Zoom; voir plus bas) en a profité, entre deux séquences bien angoissantes, pour dénoncer la violence policière comme le fit jadis le bon Kassovitz. Donc, ça raconte quoi, Vermines?

    Kaleb, un revendeur d'espadrilles luxueuses, adore les petites bestioles. Dans son appart, il en collectionne : ses colocs sont des reptiles, batraciens et autres insectes qui piquent, vivants dans de grands vivariums. Lorsque s'échappe une redoutable et exotique araignée qu'il vient à peine d'acheter, il doit tomber en mode survie, épaulé de sa sœur Lila, son pote Mathys et d'un couple d'amis, Manon et Jordy. Ça se complique surtout lorsque débarque sur place la police, scellant l'immeuble, semant ainsi la panique.

    Les banlieusards

    Après une bien épicée intro à saveur marocaine, on plante le décor à l’est de Paris, à Noisy Le Grand (patelin d’origine du réalisateur), plus précisément aux arènes de Picasso, un aussi impressionnant que singulier immeuble de près de 500 logements — allez le googler, ça vaut le détour. Ce récit sans temps mort (106 minutes au compteur) prend tout de même — et fort heureusement — le temps de nous présenter des personnages à la fois attachants et joliment complexes. Élevant du même fait une prémisse qui pourrait sembler somme toute classique sur papier.

    C’est que nos protagonistes sont défendus par un solide casting des plus diversifiés, incarnant de jeunes adultes plutôt ordinaires, qui roulent leur bosse dans une banlieue anonyme sans trop faire de vague, réagissant de façon crédible face à la menace. Notre héros est interprété par Théo Christine (le long métrage Gran Turismo, la série War of the Worlds) et sa sœur par Sofia Lesaffre (Seul, Deep Fear), un duo filial au passé chargé, dont la relation évoluera organiquement en cours de route.

    Leurs amis, Manon, Jordy et Mathys, sont respectivement joués par Lisa Nyarko, Finnegan Oldfield (Coupez!, la série Das Boot) et Jérôme Niel (au générique de deux films de Quentin Dupieux, Daaaaaalì et Fumer fait tousser); un fortiche ensemble auquel on s’attache rapidement et qui nous offre même plusieurs moments poignants. Sans oublier tous les autres beaux personnages secondaires des plus colorés (et on ne parle même d’épiderme ici!).

    Maitriser l’intensité sans oublier de raconter

    Or, la véritable star du film, c’est la réalisation sans faille de Vaniček. Multipliant les mouvements de caméra dynamiques et autres plans très frais, il tâche toujours de rester au service de la prémisse. Et perfectionniste jusque dans son énergique générique. Une virtuosité rafraichissante qui n’est pas sans rappeler par moments le style d’un jeune Raimi.

    En se gardant de trop en dévoiler, on peut tout de même se permettre de balancer en vrac quelques noms familiers qui nous sont venus en tête, comme les grands maîtres nord-américains que sont les Hooper, Friedkin, Fincher, Carpenter et Cameron, de même qu’une poignée de dynamiques duos européens : Bustillo/Maury, Cornish/Wright, Levasseur/Aja et Balaguero/Plaza.

    En effet, le bonhomme semble être fan comme nous des plus inventifs cinéastes n’ayant jamais touché à l’horreur (et oui, sachez que votre scribe défendra bec et ongles ces audacieuses comparaisons si vous le mettez au défi!). Du coup, après le visionnement de votre nouveau film d’araignées tueuses préféré, vous comprendrez trop bien pourquoi le réalisateur a été recruté pour non seulement écrire (avec Florent Bernard, son co-scénariste sur Vermines) et réaliser le prochain film de la saga Evil Dead — qui devrait normalement sortir pour Halloween 2025.

    Shooter de vraies araignées

    Au niveau de l’équipe technique, on retrouve également pas mal de talents. Impossible de ne pas souligner la qualité des images de l’impeccable direction photo. On l’a doit à Alexandre Jamin (Horsehead), qui retrouvait Vaniček après avoir bossé sur son moyen métrage Crocs (2018). D’inventifs plans (et parfois frénétiquement immersifs) qui sont magnifiés par le montage vitaminé et bien tassé de Thomas Fernandez (Jappeloup, Enter the Void) et Nassim Gordji Tehrani (Igor).

    Ponctuées de tout plein de hip-hop français, la trame sonore des plus anxiogènes de Douglas Cavanna (Crocs) et Xavier Caux renforce de belle façon le niveau de terreur. Sans oublier les effets spéciaux pratiques de Léo Ewald (Vesper), complémentés avec brio d’irréprochable CGI et d’authentiques araignées! Non, vous n’êtes pas prêt·e pour toutes ces poursuites haletantes, qui donnent l’impression d’être pourchassé·e·s dans des couloirs bien sombres par des hordes de bébés xénomorphes!

    Claustrophobes, car confinées, ces montagnes russes sous tension font rimer émotion avec action, en plus d’être pimentées d’humour et d’une sensibilité aussi française que multiculturelle. Bref, un film de son temps, qui livre solidement la marchandise et qui surprend souvent. Vermines prouve, hors de tout doute, qu’il est possible de faire dans notre belle langue du cinéma de genre, aussi célébré qu’exportable. Encore!