Category: Série télé

  • [Critique] « Blumhouse’s Compendium of Horror » : 100 ans de cinéma d’horreur sous l’œil aiguisé de la critique sociale

    [Critique] « Blumhouse’s Compendium of Horror » : 100 ans de cinéma d’horreur sous l’œil aiguisé de la critique sociale

    Arrivé ce mois-ci au Canada sur la chaîne Hollywood Suite, Blumhouse’s Compendium of Horror nous raconte l’histoire du cinéma d’horreur depuis sa naissance à la fin du 19e siècle. Scindé en cinq épisodes, le documentaire explore une panoplie de films cultes sous plusieurs angles : production, jeu d’acteur, distribution et réception du public. En revanche, en toile de fond de cette analyse, la production pose un regard social et politique sur le cinéma d’horreur et investigue les croyances, mœurs et peurs qui ont meublé les différentes décennies et la façon dont elles sont devenues une source d’inspiration pour les créateurs·trices de l’époque.

    Un documentaire novateur et révélateur

    Au cours des dernières années, plusieurs documentaires sur le cinéma d’horreur ont vu le jour; certains sont centrés sur les meilleurs films ou les meilleurs moments du genre, tel que The 101 Scariest Horror Movie Moments of All Time sur Shudder en 2022. D’autres ont examiné l’évolution du genre en explorant ses différentes manifestations horrifiques présentées à l’écran, qu’il s’agisse de monstres, de forces surnaturelles, de tueurs en série ou de l’horreur corporelle (body horror), qui ont su captiver les spectateurs·trices, comme Eli Roth’s History of Horror, également disponible sur Shudder.

    Blumhouse’s Compendium of Horror offre une vision documentaire renouvelée en expliquant en quoi l’horreur trouve sa place de choix dans l’histoire du cinéma. En effet, le genre réussit un double pari : captiver un public varié — parfois averti, parfois non — grâce à ses effets choc, tout en véhiculant des idées, des messages et même une philosophie au sein de ses histoires terrifiantes et de ses situations cauchemardesques. L’horreur, bien que souvent perçue comme irréelle et transgressant certaines limites morales, est pourtant empreinte de sens et se retrouve profondément enracinée dans la réalité.

    Que ce soit la condition des femmes explorée dans Rosemary’s Baby et Carrie, l’oppression des Afro-Américains dansThe Purge : Election Year et Get Out ou encore les inégalités des classes sociales dans They Live!, la production met en lumière la manière dont les films d’horreur reflètent des réalités bien ancrées en les transposant à l’écran à travers des scènes percutantes, perturbantes ou même grotesques incitant à la réflexion.

    Regards avisés pour mieux éclairer

    Blumhouse’s Compendium of Horror est entrecoupé de commentaires, de points de vue et de faits saillants livrés par des personnalités œuvrant de près ou de très près dans le genre. Acteurs et actrices (Jamie Lee Curtis, Bruce Campbell, Tobin Bell), réalisateurs (Kevin Smith, George A. Romero, John Carpenter), historiens ou encore fanatiques d’horreur, les personnes interviewées ajoutent une touche personnelle et pertinente au contenu. Le tout est brillamment narré par la voix ténébreuse de Robert Englund, que nous avons d’ailleurs eu la chance d’interviewer dans le cadre de la sortie du documentaire.

    Naturellement, la sélection des films emblématiques pour cette liste a impliqué des choix. Ainsi, il est possible que certains de vos films préférés ne figurent pas nécessairement parmi ceux choisis pour représenter les différentes décennies et leurs mouvements sociaux. Toutefois, si on considère que tel ou tel film aurait dû avoir sa place dans la discussion d’un épisode, c’est que le documentaire a réussi son pari : nous faire réfléchir quant à l’impact d’un film sur sa génération et sa pertinence dans l’ère où il est apparu.

    Blumhouse’s Compendium of Horror est un magnifique et captivant essai politique, social, cinématographique et artistique. Si à première vue il est destiné aux adeptes du genre horrifique, le documentaire mérite amplement sa place sur la liste des incontournables pour les cinéphiles de tous genres ainsi que pour les passionné·e·s d’histoire. À voir pour le plaisir et pour s’enrichir de connaissances.

  • [Critique] « The Woman in the Wall » : une trop longue enquête policière qui brille par son esthétique

    [Critique] « The Woman in the Wall » : une trop longue enquête policière qui brille par son esthétique

    Les abonné·e·s de la plateforme Paramount+ peuvent désormais visionner la série The Woman in the Wall, qui avait été diffusé sur la chaîne BBC One l’automne dernier. L’œuvre s’inspire du scandale irlandais du couvent de la Madeleine, aussi appelé « blanchisserie Madeleine », un établissement où en 1993, on a retrouvé 155 cadavres de pensionnaires dans des tombes anonymes. Le couvent a alors fermé ses portes en septembre 1996, mais c’est en 2016 qu’une découverte a révélé les restes de 796 jeunes enfants dans une fosse commune. D’anciennes pensionnaires de l’institution ont aussi admis avoir subi plusieurs abus entre ces quatre murs, alors qu’elles étaient isolées du monde extérieur. Joe Murtarg (Calm with Horses) puise dans ces faits afin de créer une enquête policière fictive autour du drame et explore les traumatismes que les femmes ont vécus à travers ses personnages.

    Le détective Colman Akande (Daryl McCormack, la série Peaky Blinders) enquête sur la mort d’un prête. Parallèlement, Lorna Brady (Ruth Wilson, la série His Dark Materials) essaie de mettre en place les pièces d’un casse-tête après avoir retrouvé le cadavre d’une femme dans sa maison.

    The Woman in the Wall charme avec sa réalisation et sa direction photo. L’éclairage est utilisé afin de créer des ambiances, mais aussi pour présenter des symboliques et des métaphores. Harry Wootliff (True Things) et Rachna Suri se partagent les commandes de la réalisation à titre de trois épisodes chacune. Les deux femmes présentent des prises de vues intéressantes qui nous font vivre les émotions des personnages. Ruth Wilson livre d’ailleurs une excellente performance et son partenaire de jeu, Daryl McCormanck, se débrouille très bien à ses côtés.

    Là où on bloque, c’est au niveau du rythme extrêmement lent. Chaque épisode frôle les 60 minutes et on a souvent l’impression que l’action et les découvertes surviennent seulement juste avant les dernières minutes. Le reste du temps, on a droit à plusieurs longs dialogues qui ne sont malheureusement pas tous captivants. La série débute aussi en présentant certains clichés du genre policier : la mère séparée, en deuil et alcoolique, qui ne se souvient pas de ses fins de soirées, le détective au passé trouble… Pour ces raisons, il est difficile de s’accrocher au récit et on finit par s’intéresser un peu plus à l’enquête à la fin du troisième épisode, après avoir investi trois heures dans la saga.

    Cette nouveauté ne plaira pas à tout le monde avec ses longueurs et ses thèmes lourds, mais The Woman in the Wall accrochera les plus fervents d’enquêtes et de romans policiers. Pour celles et ceux qui auront aimé, le film The Magdalene Sisters réalisé par Peter Mullan en 2002 raconte aussi l’histoire de cette tragédie en nous plongeant au cœur du couvent dans les années 60.

  • [Critique] Inspirez expirez: quand yoga et meurtre font des flammèches

    [Critique] Inspirez expirez: quand yoga et meurtre font des flammèches

    La série Crave Inspirez expirez est la preuve que la télévision québécoise peut se renouveler et offrir autre chose que des drames familiaux larmoyants, ou une énième histoire du terroir qui ne sera qu’une pâle copie de Les Filles de Caleb.

    Vicky et Sophie se côtoient surtout pour plaire à leurs amies respectives puisqu’elles n’ont absolument rien en commun sauf leur date d’anniversaire. Voilà qu’on leur offre en cadeau une retraite de yoga de quatre jours n’accueillant que des femmes. Ce qui semble une activité ridicule réunissant des femmes excentriques tourne au cauchemar lorsqu’un meurtrier se met à décimer le groupe.
    Inspirez expirez affiche série Crave

    Écrite par Sonia Cordeau (Les Appendices), qui y tient aussi le rôle de Sophie, Inspirez expirez est un réjouissant mélange d’histoires d’enquêtes à la Agatha Christie, de prise de conscience sur la condition des femmes, du choix d’avoir ou non des enfants et d’humour extrême. Si quelques éléments de la trame semblent un brin chaotiques, les différentes prises de position des héroïnes ne manquent pas de fraîcheur. Tout en masquant les propos sérieux par des blagues farfelues, on nous propose tout de même un semblant d’étude sociale non négligeable.

    La réalisation de Jean-François Chagnon est vivante, colorée et fait montre d’une réelle conscience du format utilisé. Ayant œuvré sur plusieurs séries télévisées, le cinéaste ne semble jamais pris en otage par la durée concise des épisodes et semble même s’en amuser. Tissant tantôt une atmosphère inquiétante efficace, il sait changer son fusil d’épaule pour magnifier les réactions comiques de ses interprètes.

    Il faut également saluer la distribution cinq étoiles de cette savoureuse farce de dix épisodes. Si Sonia Cordeau et Virginie Fortin sont hilarantes pour jouer le duo mal assorti, Édith Cochrane, Linda Malo et Chantal Baril sont quant à elles carrément désopilantes.

  • [Critique] Goosebumps (2023): un remixage divertissant et addictif de l’imaginaire de R.L. Stine

    [Critique] Goosebumps (2023): un remixage divertissant et addictif de l’imaginaire de R.L. Stine

    Après une série à succès dans les années 90 et un surprenamment bon long-métrage en 2015 (une suite beaucoup moins efficace a suivi en 2018), Goosebumps (Chair de Poule) est de retour au petit écran. Basé sur la série de romans populaires pour jeunes, ce nouveau saut dans l’univers de l’auteur R.L. Stine a débuté chez Disney+ à la mi-octobre et s’est terminé vendredi dernier. Rob Letterman, qui s’est occupé de la réalisation du premier film, écrit ce plus récent récit en collaboration avec Nicholas Stoller (Bros).

    Lors d’une soirée, cinq étudiants vont libérer une malédiction sur leur petite ville et devront travailler ensemble pour tenter de la sauver. Les événements seront reliés au décès d’un adolescent survenu 30 ans plus tôt et le groupe découvrira des secrets sur l'enfance de leurs parents.
    Goosebumps 2023 affiche série

    La série se déroule sur dix épisodes, et c’est à partir du deuxième qu’on commence réellement à s’accrocher à l’histoire, le rythme du premier étant un peu lent et servant surtout à établir les personnages et leurs relations. La saison conserve ensuite une très bonne cadence alors que plusieurs situations survenues lors du party d’Halloween de départ trouvent maintenant leur sens. Attention au télévorage que la série pourrait engendrer!

    Contrairement au Goosebumps des années 90, ce nouveau récit est plus linéaire et réussit à bien intégrer des éléments de l’univers dans chacun des volets. Les fans pourront reconnaître plusieurs références aux romans tout au long des dix chapitres. La production comprend également que son public a grandi depuis la parution des livres et présente des aventures plus sombres avec des thèmes plus matures.

    Le fameux pantin diabolique Slappy fait sa première apparition tard dans la saison, mais l’attente en vaut la peine. Les effets spéciaux pratiques sont très bien réussis et le rendent même réaliste, nous aidant à plonger dans cet univers fantastique. Les quelques effets numériques — le monstre de l’épisode quatre, par exemple — sont aussi assez bien réussis.

    Goosebumps 2023 Slappy

    Du côté des acteurs, la majorité des jeunes en sont encore à leur début et ça se fait ressentir avec des performances qui ne sont pas toujours justes et même parfois surjouées. Ana Yi Puig (Senior Year) réussit à sortir du lot et se débrouille mieux que ses camarades. Du côté des adultes, on retrouve Justin Long (Barbarian) et Rachael Harris (la série Lucifer) qui offrent tous deux des jeux acceptables.

    Au final, Goosebumps reste une série pour adolescent·e·s, mais qu’il est peut-être plus facile d’apprécier en tant qu’adultes. Avec son esthétique plus sombre et plus léchée, en plus d’une solide réalisation, cette nouvelle adaptation de l’imaginaire de R.L. Stine s’avère être un excellent divertissement. L’avant-dernier épisode devient même méta, et la finale laisse place à une ouverture pour une deuxième saison. Reste à voir si Disney ira de l’avant et donnera le feu vert à une suite. Le contraire serait étonnant!

  • [Critique] The Fall of the House of Usher: Poe et Flanagan écorchent les milliardaires avec un résultat glorieux

    [Critique] The Fall of the House of Usher: Poe et Flanagan écorchent les milliardaires avec un résultat glorieux

    Depuis 2018, Mike Flanagan permet aux amateurs d’horreur d’accueillir l’automne avec une expérience de binge watching haute en frissons. Faisant suite au succès de The Haunting of Hill House, The Haunting of Bly Manor, Midnight Mass et The Midnight Club, le roi de l’Halloween chez Netflix récidive cette année avec sa dernière série, The Fall of the House of Usher (La Chute de la maison Usher).

    Après avoir perdu tous ses héritiers l'un après l'autre dans un court laps de temps, le milliardaire Rodrick Usher invite son vieil adversaire, l'avocat Auguste Dupin, à recevoir sa confession. Persuadé que la mort viendra le chercher à son tour bientôt, l'homme d'affaires se dit enfin prêt à raconter les circonstances dans lesquelles sa sœur jumelle et lui ont trouvé la fortune et le succès, sans jamais subir les conséquences de la corruption évidente de leur société. Les détails abracadabrants de ses confidences feront toutefois douter Dupin de son honnêteté et, surtout, de son bon sens. 

    En 2023, les médias élèvent les milliardaires au rang de superstars en reportant leurs moindres faits et gestes. Si certains d’entre eux ont leur propre fan club, comme Elon Musk, d’autres sont universellement détestés: c’est le cas de Richard Sackler, le président de Purdue Pharma, qui a développé l’OxyContin – une inspiration évidente pour la famille Usher et son patriarche, qui doivent également leur fortune à un puissant antidouleur. Comme la dynastie Sackler, les Usher ont minimisé l’ampleur de la dépendance causée par le médicament pour en rejeter la faute sur les toxicomanes qu’ils ont créés, blanchissant leur nom à coups de fraudes, de documents forgés et de tactiques de reputation laundering.

    The Fall of the House of Usher affiche série

    L’écho que trouve The Fall of the House of the Usher dans la dure réalité de la manufacture de la crise des opioïdes fait de l’examen de la déchéance des Usher une expérience cathartique. Le récit s’appuie sur une architecture simple qui oppose le bien (Dupin) au mal (Usher), avec la Justice (le Corbeau) au centre. Malgré sa simplicité et, avouons-le, un certain manque d’originalité, ce scénario a tous les ingrédients qu’il faut pour créer une expérience de visionnement profondément satisfaisante, que vous connaissiez bien l’œuvre d’Edgar Allan Poe ou non.

    Après Shirley Jackson et Henry James, Flanagan s’attaque donc à un autre père fondateur de la littérature d’horreur gothique. The Fall of the House Usher ne se base pas que sur la nouvelle à laquelle elle emprunte son nom, mais bien sur la bibliographie complète de l’auteur américain. Sauf le premier et le dernier, qui font tous deux référence au poème Le Corbeau, chaque épisode s’inspire d’une nouvelle qui lui donne son titre, en plus de contenir moult références à d’autres œuvres. En outre, chaque personnage de la série porte le nom d’un personnage de Poe, ou encore d’une personne l’ayant côtoyé dans la vraie vie.

    Une anthologie sans en être une, The Fall of the House of Usher articule ces références autour du récit-cadre de la confession de Roderick. Il faut toutefois dire que les passages qui révèlent le passé des jumeaux Usher sont l’élément le plus faible de la série. Les retours en arrière souffrent en effet d’un rythme lent dont le dénouement ne justifie pas l’anticipation, laissant au spectateur·trice le sentiment un peu amer de s’être fait mené en bateau.

    Cette faiblesse mise à part, Flanagan ne déçoit pas. Au sommet de sa forme, il cimente sa réputation de virtuose du mélodrame familial surnaturel en reprenant les instruments qui font son succès: une narration aux couches riches et nombreuses, un style flamboyant et une maîtrise de l’art du monologue. Bien que certain·e·s pourraient la trouver lourde et indulgente, sa complexité et sa prétention intellectuelle ne privent pas le spectateur d’ingrédients horrifiques plus tape-à-l’œil, comme une bonne dose d’humour morbide, des jump scares bien sentis et des morts plus créatives les unes que les autres. Le deuxième épisode contient d’ailleurs une scène sanglante dont on se souviendra longtemps.

    The Fall of the House of Usher Carla Gugino
    The Fall of the House of Usher. Carla Gugino as Verna in episode 102 of The Fall of the House of Usher. Cr. Eike Schroter/Netflix © 2023

    Comme d’habitude, le réalisateur s’entoure de ses interprètes chouchoux. La distribution compte donc des habitués du Flanaganverse comme Henry Thomas, T’Nia Miller, Samantha Sloyan, Rahul Kohli, Zack Gilford, Crystal Balint, Kate Siegel ou encore Carla Gugino. Cette dernière livre d’ailleurs une performance transcendante dans le rôle ambitieux de Verna, un oiseau de malheur qui porte plusieurs chapeaux.

    «Jamais plus», disait le corbeau du célèbre poème éponyme d’Edgar Allan Poe; nous, c’est plutôt «encore plus» qu’on a envie de chanter. Sans date annoncée pour son prochain film, The Life of Chuck, l’attente sera longue pour celleux qui ont hâte de voir quels autres tours Mike Flanagan cache dans son sac. Heureusement, avec cette autre excellente série qui s’ajoute à son répertoire déjà généreux, les fans auront de quoi tromper l’impatience.

  • [Critique] The Changeling (2023): une plongée captivante dans l’horreur psychologique, mais qui manque de finition

    [Critique] The Changeling (2023): une plongée captivante dans l’horreur psychologique, mais qui manque de finition

    Êtes-vous en mesure de protéger votre enfant? Est-ce que vous pouvez faire confiance à votre douce moitié? Ce sont des questions évoquées par la nouvelle série AppleTV+ The Changeling, qui met en vedette Lakeith Stanfield (Get Out, Uncut Gems).

    Adapté du livre à succès du même nom de Victor LaValle, The Changeling vise à créer une symbiose entre l’horreur et les contes de fées à l’aide d’une prémisse qui risque de donner froid dans le dos aux parents de ce monde. La ligne entre les rêves et la réalité s’éclipse dans cette œuvre acclamée, mais est-ce que la qualité de l’adaptation est au rendez-vous?

    L'histoire d'amour entre Apollo et Emma semble être trop belle pour être vraie, mais tout change brusquement lorsque Emma disparaît mystérieusement, plongeant Apollo dans un véritable cauchemar.

    Mystérieux, engageant et efficace d’un point de vue artistique, The Changeling commence en force avec ses deux premiers épisodes qui servent à mettre la table de l’intrigue. Cette partie de la série est de loin la plus intéressante alors qu’on parvient à créer des moments de terreur psychologique en construisant des personnages tridimensionnels et une atmosphère glauque à souhait.

    Alors que l’histoire féérique débute, on ressent une présence inquiétante et un sentiment d’effroi grâce aux flashbacks et aux séquences de rêves réussis. Le passé des personnages principaux et leurs traumatismes de jeunesse sont explorés à travers ces moments qui sont également visuellement stimulants. On s’attend à ce que quelque chose de grave se produise, et c’est malheureusement là où l’histoire se gâte.

    L’écriture en soi est riche, poétique et lyrique grâce à la plume de Kelly Marcel, qui adapte le roman d’origine. Après avoir créé une solide fondation avec la première partie, The Changeling tombe toutefois dans des pièges narratifs inévitables: le mystère disparaît et les révélations déçoivent. Plus le récit avance, plus le scénario rate la cible, et la connexion avec les personnages se dissipe alors qu’on étire les conversations et ne réussit pas à garder la tension.

    The Changeling image série

    Les fans du livre devraient apprécier le spectacle puisque la production détaillée et impressionnante donne vie à une version alternative de New York avec brio. Le directeur de la photographie Christopher Norr (Sinister) est également en plein contrôle de ses moyens en jouant avec le grain, les textures, la fumée et l’environnement pour peindre des prises de vue oniriques.

    Somme toute, il s’agit d’une série intéressante, mais qui ne parvient pas à exploiter pleinement son potentiel, privilégiant le style à la substance.

  • [Critique] «Gremlins: Secrets of the Mogwai»: un plaisir malin et adorable pour toute la famille

    [Critique] «Gremlins: Secrets of the Mogwai»: un plaisir malin et adorable pour toute la famille

    Ça fait maintenant plus de 30 ans que les fans des Gremlins réclament une suite aux deux films originaux et, cette année, ils obtiennent… une série animée pour les 7 ans et plus. Non, personne n’avait demandé un spin-off pour enfants mettant en vedette nos petits bonshommes verts préférés, mais après avoir consommé la chose (avant minuit, bien entendu), force est d’admettre que Gremlins: Secret of the Mogwai a tout pour plaire.

    La série située dans le Shanghai des années 1920 suit le jeune Sam Wing, celui qu'on connaît en tant que propriétaire de la boutique antique du Chinatown introduite dans le premier film, alors qu'il tombe nez à nez avec une créature étrange égarée nommée Gizmo. En compagnie d'une adolescente rebelle et pourchassé par une horde de créatures vicieuses et un dangereux sorcier, le jeune homme devra entreprendre un voyage périlleux à travers le pays peuplé de monstres magiques pour ramener le précieux Mogwai en sécurité.
    Gremlins: Secrets of the Mogwai affiche

    Produit entre autres par Steven Spielberg ainsi que Joe Dante à titre de producteur consultant, l’antépisode animé de la comédie horrifique classique de 1984 s’adresse d’abord aux plus jeunes, mais saura assurément conquérir le cœur des fans les plus puristes de la petite franchise.

    Bourré d’action et d’aventure, chaque épisode de Gremlins: Secrets of the Mogwai nous entraîne dans un univers unique, avec ses propres monstres à anéantir (non, il n’y a pas que les Gremlins qui menacent les environs) et ses défis à relever. Sam, un enfant trop prudent et qui manque de confiance en lui, devra s’allier à Elle, son opposée en tout point, lors de cette amitié improbable à la bon cop bad cop touchante. Les péripéties qu’ils devront traverser puisent directement dans le folklore chinois, du thé spécial de madame Meng Po, aux vampires/zombies Jiāngshī jusqu’à la déesse créatrice Nuwa (avec la voix de Sandra Oh), des sujets riches, rarement abordés de notre côté du globe.

    Il faut en effet éviter de détourner le regard trop longtemps pour ne rien manquer de ces tranches de 22 minutes qui filent à toute allure. Le scénario se charge de garder les enfants bien accrochés, sans pour autant lésiner sur le fan service. Vous connaissez les trois règles, mais saviez-vous qu’il en existe une quatrième? Et qu’en est-il des Mogwai? La série nous en apprend plus sur leurs origines, en plus de livrer une bonne dose de références aux films. Zach Galligan, l’interprète Billy Peltzer, est même de retour pour la narration d’un nouveau personnage! C’est bien écrit, souvent très drôle et parfois même macabre. Attendez de faire la rencontre de Radish et Madame Claw.

    Gremlins: Secrets of the Mogwai image

    L’animation utilise la technique appelée ombrage de celluloïd, qui vise à procurer un aspect plus cartoon aux rendus 3D (voir les récents Spider-Man: Across the Spider-Verse et Puss in Boots: The Last Wish, en moins soutenu). L’esthétique simple, mais bien texturée, procure plus de chaleur à l’ensemble et se prête étonnamment bien à l’apparence touffue de nos Mogwai.

    Au final, la série prouve que l’idée d’un traitement animé pour la franchise est tout simplement géniale. D’un côté, le format permet d’étendre davantage l’univers et de le présenter à un nouveau public et de l’autre, il évite de trop froisser les fans finis qui recevraient un nouveau film avec une brique, un fanal et une liste de critères aussi longue que l’attente qu’il a générée. Parce qu’avouons-le, si troisième film il y a, ce dernier devra atterrir entre bonnes mains.

    En ce qui concerne Gremlins: Secrets of the Mogwai, le projet n’aurait pas pu trouver mieux que le scénariste Tze Chun (Gotham) et sa bande pour mener à terme une aventure aussi folle, originale et adorable. Une deuxième saison est en chemin et on a déjà hâte de voir ce qu’elle nous réserve. Après tout, c’est peut-être par ici que passe la renaissance de nos chères bestioles…

    Gremlins: Secret of the Mogwai est disponible via les chaînes Prime Video Slack TV et Teletoon+ en langue originale anglaise seulement.

  • [Critique] Black Mirror – saison 6: un retour inégal plus amusant qu’inquiétant

    [Critique] Black Mirror – saison 6: un retour inégal plus amusant qu’inquiétant

    En 2019, à la sortie de la sortie de la cinquième saison de Black Mirror, on écrivait que la fameuse série dystopique de Charlie Brooker devenait de moins en moins noire en proposant maintenant des scénarios plus loufoques et légers au menu, et force est d’admettre que la tendance se poursuit toujours quatre ans plus tard.

    Black Mirror saison 6 affiche série

    D’un côté, après 22 épisodes (maintenant 27 et excluant Bandersnatch) traitant d’un futur technologique plus ou moins reluisant pour la race humaine, les scénaristes avaient grandement besoin d’aller fouiller ailleurs pour renouveler la formule. Le problème, si vous êtes comme nous, c’est qu’on regarde Black Mirror pour ses histoires tordues qui laissent un drôle de goût en bouche.

    Cette sixième saison de cinq épisodes qui paraît cette semaine chez Netflix tire dans tous les sens: sci-fi, démons, true crime et univers parallèles. Si on salue la diversité des sujets offerts, leur visionnement n’offre définitivement plus le même niveau de réflexion qu’auparavant et les expérimentations au niveau de la forme qui cadraient si bien avec la série (pensez The Entire History of You ou même USS Calister) se font maintenant plus rares au profit de divertissements plus accessibles. En bon langage adulte québécois: c’est pu comme dans le temps.

    Joan is Awful

    Une jeune femme «ordinaire» voit sa vie transformée lorsqu'elle découvre le soir en rentrant chez elle une série télévisée basée sur sa propre existence sur une plateforme de streaming bien populaire.

    Netflix s’autoparodie ici avec un scénario qui traite de sujets souvent abordés dans la série anthologique tels que l’intelligence artificielle et le libre arbitre. Les commentaires sont souvent savoureux et les revirements ne manquent pas, mais l’emballage qui traite le sujet à la blague ne permet pas à l’épisode de véritablement s’élever. Il en va de même pour l’emploi de stars qui font sourire dans leur propre rôle, mais les talents de comédies de Salma Hayek — principale intéressée ici en compagnie d’un caméo «surprise» de Michael Cera — s’avèrent ici plutôt limités. En revanche, les punch lines dont ils héritent sonnent affreusement routiniers. Le très divertissement offert par la cinéaste canadienne Ally Pankiw (The Great) est appréciable, mais avec ce calibre, on aurait souhaité obtenir tellement plus en profondeur et en originalité.

    Annie Murphy Black Mirror Joan is Awful
    Annie Murphy incarne Joan dans Joan is Awful. Netflix © 2023.

    Loch Henry

    Un jeune couple de cinéastes se rend dans le village natal d'un des leurs pour tourner un documentaire sur la nature, mais décide à la dernière minute de changer son sujet lorsqu'une histoire locale sordide refait surface.

    La plateforme utilise ici un autre sujet qui lui est cher: le documentaire true crime, et c’est plutôt étrange de l’observer maintenant réfléchir sur l’aspect éthique de ces productions chocs qui font les choux gras de son catalogue. Autrement, même si l’épisode de Sam Miller (I May Destroy You) ne parvient pas à surprendre avec son dénouement extravagant et que certaines scènes s’étirent en longueur, Loch Henry offre quelques atmosphères glauques avec ses paysages écossais reclus et son donjon aux horreurs. Le problème, c’est que la réalisation beurre un peu trop épais notamment lors de séquences snuff films qui finissent par devenir caricaturales. Le duo Samuel Blenkin (Dracula 2020) et Myha’ la Herrold (Bodies Bodies Bodies) fonctionne, mais la tragédie criminelle amenée trop rapidement autour d’eux n’offre au final rien de bien mémorable.

    Samuel Blenkin Black Mirror saison 6 Loch Henry
    Samuel Blenkin incarne Davis et Myha’la Herrold incarne Pia dans Loch Henry. Netflix © 2023.

    Beyond the Sea

    En 1969, une technologie révolutionnaire permet à deux astronautes en mission de poursuivre simultanément leur vie familiale sur Terre. Un événement tragique viendra bouleverser leurs vies à la fois dans les airs que sur le plancher des vaches.

    La star de Breaking Bad Aaron Paul tient la vedette en compagnie de Josh Hartnett (Halloween H20: 20 Years Later, The Faculty) pour la pièce de résistance de cette saison. Honnêtement, les habitués de Black Mirror sauront exactement dans quelle direction Beyond the Sea les entrainera, mais force est d’admettre que la situation hautement toxique et chargée en émotion qui se construit entre les deux hommes et le personnage de Kate Mara (The Martian) est excessivement bien ficelée. Outre le casting parfait (on aurait pris encore plus de Rory Culkin dans la peau du vilain), John Crowley (Brooklyn) dose habilement la réalisation de ces 80 minutes davantage slow burn qui nous laissent sur une conclusion ouverte et bien amère comme on les aime.

    Aaron Paul Black Mirror saison 6 Beyond The Sea
    Aaron Paul incarne Cliff dans Beyond the Sea. Cr. Nick Wall/Netflix © 2023.

    Mazey Day

    Une paparazzi décide de prendre un dernier contrat de photos qui consiste à retrouver une populaire actrice disparue sans laisser de trace après un incident lors du tournage de son dernier film.

    L’horreur arrive enfin avec Mazey Day, qui propose assurément le revirement le plus cool de cette sixième saison. Charlie Brooker, le créateur même de Black Mirror, signe le scénario de cette plongée dans l’univers vicieux et sans scrupule des photographes de célébrités qui tourne au cauchemar avec l’efficacité qu’on lui connaît. Malgré un ou deux trous dans l’histoire qu’on pardonnera au profit du divertissement, la réalisation bien tassée d’Uta Briesewitz (Stranger Things, Westworld) évite les temps morts et intègre le numérique aux effets pratiques à merveille. Les références aux années 2000 sont également savoureuses, de Suri Cruise aux flip phones, en passant par Supermassive Black Hole de Muse, utilisée à bon escient. Dommage néanmoins que l’épisode ne nous laisse au final sur aucune réflexion digne de la série.

    Zazie Betz Black Mirror saison 6 Mazey Day
    Zazie Beetz incarne Bo dans Mazey Day. Netflix © 2023.

    Demon 79

    En Angleterre vers la fin des années 70, une jeune vendeuse de souliers d'origine indienne se retrouve en proie à un mystérieux démon qui la force à commettre trois meurtres dans le but d'éviter la fin du monde.

    Demon 79 est une drôle de bête pour conclure cette saison de Black Mirror. Les premiers instants de la fable apocalyptique résolument colorée semble proposer une esthétique rappelant celle des grindhouses classiques de l’époque, mais l’idée est rapidement oubliée pour laisser place à cet échange surréaliste tantôt répétitif, tantôt prévisible entre un pauvre diable et sa victime confuse. Si le résultat s’avère touffu, l’issue de cette histoire où notre héroïne tente pendant 75 minutes de faire du sens entre le bien et le mal, et la raison et la folie ne s’inscrira pas dans les moments marquants de l’anthologie.

    Anjana Vasan Black Mirror saison 6 Demon 79
    Anjana Vasan incarne Needa dans Demon 79. Netflix © 2023.
  • [Critique] Dead Ringers (2023): une tempête d’hormones et un cours de biologie

    [Critique] Dead Ringers (2023): une tempête d’hormones et un cours de biologie

    Il fallait bien s’attendre à voir un remake du Dead Ringers de David Cronenberg un de ces jours, et voilà qu’une série Prime Video (Telle qu’elle en version française au Québec) réinvente l’histoire d’un point de vue féminin. Après tout, le réalisateur canadien a laissé une marque indélébile sur le body horror, et le cinéma en général.

    Deux jumelles identiques, toutes deux gynécologues, obtiennent les fonds pour mettre sur pied un centre de naissance ultramoderne.
    Dead Ringers affiche série Prime Video

    Trente-cinq ans après le film original, la scénariste britannique Alice Birch a bien conscience du fait que la plupart des tabous soulevés alors par Cronenberg n’offrent plus les mêmes remous aujourd’hui. Les processus de fertilité et de natalité ne sont plus si inquiétants, et les outils métalliques du film de 1988, traduisant presque les inquiétudes face au corps de la femme, n’ont plus la même importance. Birch utilise donc ce matériel pour nourrir un trop long, mais savoureux exposé sur la condition des femmes. Malheureusement, certaines conversations plus académiques semblent réservées aux experts de la biologie féminine. Il faut en effet rester concentré pour absorber le vocabulaire technique et certains dialogues alambiqués procurent une aura prétentieuse à plusieurs épisodes.

    On pourrait parfois avoir l’impression que Birch s’amuse à revoir le long-métrage pour le corriger radicalement, mais plusieurs clins d’œil suggèrent davantage qu’elle a conscience de l’évolution. Le problème, c’est que malgré certaines touches plus sombres, cette nouvelle version de Dead Ringers ne réussit jamais à cultiver l’étrangeté pour en tirer la peur. Là où les frères Mantle ressemblaient à des papes en tuniques rouges se consacrant au corps en mutation de la femme, les sœurs Mantle le rationalisent et l’expliquent davantage. Dorénavant, la femme n’a plus besoin de l’homme pour comprendre qui elle est. Le résultat est loin d’être mauvais, mais il demeure moins revigorant. Il s’agit, ni plus ni moins, d’un pamphlet féministe dont les visées sont si louables qu’il est déplorable de les rendre moins accessibles avec des échanges verbomoteurs sophistiqués.

    Dead Ringers image série

    Les épisodes sont tous menés avec assurance, même si la réalisation ne réussit pas à humaniser cette médecine avant-gardiste. Chez Cronenberg, le ton glacial nourrissait le malaise, alors qu’il semble en totale contradiction avec le postulat de départ de cette redite voulant démystifier la science. Par ailleurs, la véritable lumière ici demeure le jeu magistral de l’actrice Rachel Weisz (The Favourite) qui crève l’écran dans le double rôle.

    En résumé, une série plus intéressante que réellement bonne, qui ne fait pas le poids face au classique de tonton David.

  • [Critique] «Slasher: Ripper»: si Agatha Christie avait dépecé ses victimes

    [Critique] «Slasher: Ripper»: si Agatha Christie avait dépecé ses victimes

    Après avoir traversé les quatre premières saisons, chacune racontant une histoire différente, la série Slasher avait déjà sa clientèle établie. Les spectateurs·trices savaient certainement à quoi s’en tenir, c’est-à-dire une intrigue meurtrière volontairement surchargée où chaque personnage est un suspect, avant de devenir une cible d’un tueur sanguinaire. Dès que l’on nous annonce l’arrivée d’une nouvelle saison, la table est mise. Que nous raconte ce cinquième Slasher: Ripper?

    Au XIXe siècle, un psychopathe costumé en veuve s’en prend subitement à un petit groupe de riches responsables d’une tragédie ayant eu lieu plus d’une décennie auparavant.

    Si la reconstitution d’époque est acceptable à défaut d’épater, ce qui fascine d’entrée de jeux pour cette nouvelle tuerie, c’est le costume de veuve porté par le meurtrier. Si le titre nous indiquait une trame à la sauce Jack l’Éventreur, on a vite fait de constater que les motivations de l’assassin forment une totale contradiction avec les crimes du célèbre meurtrier qui ciblait les pauvres et les infortunés. Dans Slasher: Ripper, ce sont les riches opportunistes qui y passent. L’intrigue est, certes, assez conventionnelle, mais l’une des figures de proue du slasher, comme sous-genre de l’horreur, a toujours été la répétition.

    C’est à travers elle que s’activent les codes et les attentes, que les auteurs pourront manipuler à leur guise pour tromper les spectateurs. À ce niveau, cette nouvelle saison utilise très bien certains clichés pour créer des surprises et jouer avec les cinéphiles aguerris·es. La critique sociale dénonçant cette méchante haute société est un peu manichéenne, mais il faut bien un traumatisme passé si l’on veut réveiller ce rêve de vengeance. Il n’en reste pas moins que l’intrigue soutient parfaitement l’intérêt et qu’elle culmine vers une scène finale époustouflante.

    La réalisation compétente du Canadien Adam MacDonald (Pyewacket) livre des assauts et des mises à mort excessivement violentes et distrayantes, en plus de construire diverses fausses pistes. On ne parle bien sûr aucunement de grande inventivité, mais la mise en scène répond aux attentes.

    Une brochette d’acteurs convaincants s’amuse à livrer ces personnages colorés en cabotinant savoureusement. À ce titre, Eric McCormack (Will & Grace) est particulièrement délectable en un magnat flamboyant aussi cruel qu’opportuniste.

    Si vous avez aimé chercher le ou les coupables des quatre premières moutures, vous serez aux anges avec cette dernière intrigue.

    Slasher: Ripper est disponible via la chaîne Hollywood Suite.