Category: Créatures

  • [Critique] « Arcadian » : une apocalypse (trop) tranquille

    [Critique] « Arcadian » : une apocalypse (trop) tranquille

    Depuis quelques années, on assiste à une réelle renaissance de Nicolas Cage avec des films comme l’excellent Mandy de Panos Cosmatos et le surprenant Dream Scenario de Kristoffer Borgli. L’acteur nous fait oublier les décennies de films de série B médiocres qu’il nous a fait endurer pour payer ses dettes. Maintenant qu’il peut enfin choisir ses projets, chaque film mettant en vedette Nic Cage est un potentiel chef-d’œuvre. Lorsqu’on l’annonce dans un rôle de papa devant élever ses deux fils adolescents après la fin du monde, on se dit donc qu’il y aura sûrement quelque chose à raconter…

    Quinze ans après un événement apocalyptique ayant donné naissance à d'horribles monstres nocturnes, un homme et ses deux fils adolescents tentent de survivre dans une petite ferme au milieu de nulle part. Lorsque l'un des fils ne revient pas au coucher du soleil, son père brave les dangers de la nuit pour le retrouver, laissant son autre enfant seul pour défendre la ferme.

    Arcadian prend donc la forme d’un récit initiatique, dans lequel deux adolescents (Jaeden Martell et Maxwell Jenkins) devront, par la force des choses, et surtout des monstres qui mènent un siège à leur maison toutes les nuits, sortir de leur enfance pour devenir des hommes et faire face à un avenir plus sombre que jamais. C’est donc sur ce duo que le film porte son attention, laissant papa Cage en arrière-plan après une chute brutale le laissant dans le coma. Assez dommage, car il était vraiment le seul membre de la distribution avec assez de charisme pour porter le projet sur ses épaules. Sans vouloir attaquer le jeu des plus jeunes acteurs, ils n’ont définitivement pas le magnétisme nécessaire pour élever le film au-dessus de la masse des sorties du même genre.

    La mise en scène de Benjamin Brewer, dont c’est le troisième long métrage, est assez viscérale lors des attaques de monstres. Il utilise la caméra à l’épaule pour la totalité du film et, bien qu’elle donne la tremblote à l’image et que de ce fait, il nous soit parfois difficile de bien comprendre ce qui s’y passe, l’effet procure une nervosité imprévisible au film qui parvient à nous immerger dans l’action des scènes horrifiques de manière plutôt efficace. Brewer échoue par contre tristement lorsqu’il veut simplement développer ses personnages et l’univers dans lequel ils évoluent. Ces moments, qui occupent la quasi-moitié du film, sont d’une mollesse rare. Tout est trop lent, du montage aux dialogues, et on s’ennuie réellement.

    Cet aspect n’est pas aidé par une écriture de personnage très peu inspirée, qui essaie de nous mettre dans la peau des garçons ne voulant que vivre leur adolescence dans un monde qui le leur interdit sans arrêt de par sa nature. Cela pourrait être très intéressant si le film ne refusait pas autant de donner un peu de personnalité à ces personnages. En dehors d’une romance sous-écrite avec une voisine, le film ne nous donne rien de consistant à nous mettre sous la dent quant à ses protagonistes.

    Pour faire la comparaison évidente, Arcadian s’inspire énormément du film A Quiet Place, autant dans ses thématiques que par son imagerie, et il serait très facile de s’arrêter à cela, mais le film de Benjamin Brewer a plus d’ambition qu’il n’y paraît, surtout dans le traitement de ses monstres. En termes de pur design, ceux-ci sont vraiment originaux et c’est lorsque le film révèle leur façon de tuer leurs proies que l’horreur survient. C’est non seulement très surprenant, mais aussi plutôt brutal. Même la façon dont ils se déplacent est particulièrement grotesque. Bref, les monstres sont sans équivoque le meilleur aspect d’Arcadian. Il est donc vraiment dommage que leurs premières apparitions à l’écran soient aussi décevantes, entre autres à cause des effets visuels d’une laideur sans nom, qui tuent tout investissement que le public pouvait avoir dans le récit.

    Arcadian aurait très bien pu devenir un autre classique moderne du cinéma horrifique, mais il n’a pas les moyens de ses ambitions. Quelques réécritures auraient véritablement amélioré le produit final. On nous laisse malheureusement avec une œuvre sous-développée qui, bien qu’ayant certains des meilleurs monstres de cinéma qu’on a pu y voir récemment, se plante là où cela compte vraiment, dans son histoire, ses thématiques et ses personnages.

  • [Critique] « Tarot » : une lecture aux bonnes intentions, mais qui prédit son malheur

    [Critique] « Tarot » : une lecture aux bonnes intentions, mais qui prédit son malheur

    Paru en salle le 2 mai dernier, Tarot se veut la toute première réalisation de Spenser Cohen et d’Anna Halberg. Muni d’une bande-annonce qui suscite l’intérêt, le film s’attaque à une prémisse populaire, soit un jeu dangereux joué par de jeunes adultes qui subiront les soubresauts de leur imprudence.Tarot réussit-il à se démarquer du lot infini de films qui ont exploré une thématique similaire? Mettons cartes sur table…

    Un groupe d’amis se retrouve dans un manoir pour célébrer l’anniversaire de l’une d’entre eux. À la recherche d’une activité pour pimenter la soirée, ils décident de se faire lire leur avenir à l’aide d’un vieux jeu de tarot retrouvé au sous-sol. Ce qui semble au départ que de simples prédictions s’avèrent plutôt des sentences sans appel.

    Concept nouveau, même conception

    Plutôt que de ressortir la bonne vieille planche de Ouija – largement surutilisée – et d’évoquer quiconque pourrait bien venir terroriser même les plus sceptiques, nos sept amis décident de s’adonner au bon vieux tirage de cartes afin d’être éclairés sur leur destinée. S’en suit une séance de lecture mêlant astrologie à la signification des symboles et créatures lugubres pour brosser le portrait de ce qui se placera sur la route de chacun. Prenez des notes, cela servira plus tard.

    Toutefois, dès les premières phrases émises, on sent le jeu forcé, quasi caricatural, qui nous empêche de prendre quelconque situation au sérieux ou ressentir la moindre empathie envers les personnages. Les stéréotypes tous bien en place, on se lance sans trop grandes attentes dans une petite aventure qui respecte les bonnes manières du genre « teen horror » (malgré que nos amis soient tous dans la vingtaine!).

    Illogismes rehaussés de dialogues insipides et de réactions désinvoltes, Tarot prend rapidement les allures d’un film typiquement moyen mettant en vedette quiconque sachant hurler et moindrement courir pour tenter de se sauver.

    La frousse à la rescousse!

    Heureusement, la piètre mise en scène est momentanément éclipsée lors des séquences d’horreur, où l’anxiété monte suffisamment pour raviver notre intérêt pour le scénario. Malgré une vague impression de déjà vu, on prend un malin plaisir à découvrir les diverses créatures qui s’attaquent aux personnages qui, l’un après l’autre, prennent des décisions douteuses. De plus, les amateurs de sursauts sont allègrement servis par de bonnes montées de rythme cardiaque.

    Dans le respect d’un bon vieux cliché entre en scène un nouveau personnage qui viendra expliquer le pourquoi du comment de ce qui se passe et qui propose sagement une possible porte de sortie à ceux qui ont réussi à s’en tirer jusqu’à maintenant. Photo d’antan, découpures de journaux, petit flashback dans un autre siècle, et hop, on reprend la route vers le dénouement encore incertain… mais un peu prévisible.

    Malheureusement, la fin de Tarot nous redonne une fois encore l’impression de s’être fait jouer un mauvais tour et que finalement, il était de notre destin d’être déçu·e·s.

  • [Critique] « Vermines (Infested) » : lorsqu’arachnophobie rime avec cinéphilie

    [Critique] « Vermines (Infested) » : lorsqu’arachnophobie rime avec cinéphilie

    Après avoir fait sensation dans les festivals à l’échelle mondiale, Vermines (Infested) arrive chez nous ce vendredi via Shudder. On peut parier que vous allez kiffer grave (comme c’est un film français, on s’adapte, hein). D’emblée, on se doit de confirmer que ce premier long métrage de Sébastien Vaniček n’a vraiment, mais vraiment pas volé les nombreuses accolades qu’il s’est méritées depuis sa première au Festival de Venise l’automne dernier.

    En plus de ses récentes nominations aux Césars, le film a remporté deux prix au Fantastic Fest (meilleur film et meilleur réalisateur, catégorie horreur), de même que le prix spécial du jury au prestigieux Sitges Film Festival, « pour être un film de monstre aussi puissant que politique ». Car Vaniček (avec qui on a pu discuter via Zoom; voir plus bas) en a profité, entre deux séquences bien angoissantes, pour dénoncer la violence policière comme le fit jadis le bon Kassovitz. Donc, ça raconte quoi, Vermines?

    Kaleb, un revendeur d'espadrilles luxueuses, adore les petites bestioles. Dans son appart, il en collectionne : ses colocs sont des reptiles, batraciens et autres insectes qui piquent, vivants dans de grands vivariums. Lorsque s'échappe une redoutable et exotique araignée qu'il vient à peine d'acheter, il doit tomber en mode survie, épaulé de sa sœur Lila, son pote Mathys et d'un couple d'amis, Manon et Jordy. Ça se complique surtout lorsque débarque sur place la police, scellant l'immeuble, semant ainsi la panique.

    Les banlieusards

    Après une bien épicée intro à saveur marocaine, on plante le décor à l’est de Paris, à Noisy Le Grand (patelin d’origine du réalisateur), plus précisément aux arènes de Picasso, un aussi impressionnant que singulier immeuble de près de 500 logements — allez le googler, ça vaut le détour. Ce récit sans temps mort (106 minutes au compteur) prend tout de même — et fort heureusement — le temps de nous présenter des personnages à la fois attachants et joliment complexes. Élevant du même fait une prémisse qui pourrait sembler somme toute classique sur papier.

    C’est que nos protagonistes sont défendus par un solide casting des plus diversifiés, incarnant de jeunes adultes plutôt ordinaires, qui roulent leur bosse dans une banlieue anonyme sans trop faire de vague, réagissant de façon crédible face à la menace. Notre héros est interprété par Théo Christine (le long métrage Gran Turismo, la série War of the Worlds) et sa sœur par Sofia Lesaffre (Seul, Deep Fear), un duo filial au passé chargé, dont la relation évoluera organiquement en cours de route.

    Leurs amis, Manon, Jordy et Mathys, sont respectivement joués par Lisa Nyarko, Finnegan Oldfield (Coupez!, la série Das Boot) et Jérôme Niel (au générique de deux films de Quentin Dupieux, Daaaaaalì et Fumer fait tousser); un fortiche ensemble auquel on s’attache rapidement et qui nous offre même plusieurs moments poignants. Sans oublier tous les autres beaux personnages secondaires des plus colorés (et on ne parle même d’épiderme ici!).

    Maitriser l’intensité sans oublier de raconter

    Or, la véritable star du film, c’est la réalisation sans faille de Vaniček. Multipliant les mouvements de caméra dynamiques et autres plans très frais, il tâche toujours de rester au service de la prémisse. Et perfectionniste jusque dans son énergique générique. Une virtuosité rafraichissante qui n’est pas sans rappeler par moments le style d’un jeune Raimi.

    En se gardant de trop en dévoiler, on peut tout de même se permettre de balancer en vrac quelques noms familiers qui nous sont venus en tête, comme les grands maîtres nord-américains que sont les Hooper, Friedkin, Fincher, Carpenter et Cameron, de même qu’une poignée de dynamiques duos européens : Bustillo/Maury, Cornish/Wright, Levasseur/Aja et Balaguero/Plaza.

    En effet, le bonhomme semble être fan comme nous des plus inventifs cinéastes n’ayant jamais touché à l’horreur (et oui, sachez que votre scribe défendra bec et ongles ces audacieuses comparaisons si vous le mettez au défi!). Du coup, après le visionnement de votre nouveau film d’araignées tueuses préféré, vous comprendrez trop bien pourquoi le réalisateur a été recruté pour non seulement écrire (avec Florent Bernard, son co-scénariste sur Vermines) et réaliser le prochain film de la saga Evil Dead — qui devrait normalement sortir pour Halloween 2025.

    Shooter de vraies araignées

    Au niveau de l’équipe technique, on retrouve également pas mal de talents. Impossible de ne pas souligner la qualité des images de l’impeccable direction photo. On l’a doit à Alexandre Jamin (Horsehead), qui retrouvait Vaniček après avoir bossé sur son moyen métrage Crocs (2018). D’inventifs plans (et parfois frénétiquement immersifs) qui sont magnifiés par le montage vitaminé et bien tassé de Thomas Fernandez (Jappeloup, Enter the Void) et Nassim Gordji Tehrani (Igor).

    Ponctuées de tout plein de hip-hop français, la trame sonore des plus anxiogènes de Douglas Cavanna (Crocs) et Xavier Caux renforce de belle façon le niveau de terreur. Sans oublier les effets spéciaux pratiques de Léo Ewald (Vesper), complémentés avec brio d’irréprochable CGI et d’authentiques araignées! Non, vous n’êtes pas prêt·e pour toutes ces poursuites haletantes, qui donnent l’impression d’être pourchassé·e·s dans des couloirs bien sombres par des hordes de bébés xénomorphes!

    Claustrophobes, car confinées, ces montagnes russes sous tension font rimer émotion avec action, en plus d’être pimentées d’humour et d’une sensibilité aussi française que multiculturelle. Bref, un film de son temps, qui livre solidement la marchandise et qui surprend souvent. Vermines prouve, hors de tout doute, qu’il est possible de faire dans notre belle langue du cinéma de genre, aussi célébré qu’exportable. Encore!

  • [Critique] « Sting » : sympathique arachnide from outer space

    [Critique] « Sting » : sympathique arachnide from outer space

    Un mois de bébites nous attend en avril avec non pas un, mais bien deux films d’araignées géantes, le premier étant Sting, la dernière réalisation du cinéaste néo-zélandais Kiah Roache-Turner, connu pour la franchise Wyrmwood et Nekrotronic. À l’inverse des Arachnophobia et Eight Legged Freaks de ce monde, on y suit cette fois les aventures d’une seule araignée tombée directement du ciel.

    Charlotte, 12 ans, se lie d'amitié avec une araignée spéciale qu'elle a découverte. L'arachnide possède en effet d'étonnantes particularités: en plus de son appétit hors norme, elle a la capacité d'imiter les sons. Charlotte réalise rapidement que son nouvel animal de compagnie grandit un peu trop rapidement. Et il semblerait que cette araignée aime également aller faire un tour chez les voisins.
    Sting image film

    Si Sting n’est pas votre premier film d’horreur, vous saurez anticiper le moindre de ses tournants et ce, dès les premiers instants. On connaît le récit comme si on l’avait tricoté : une bestiole s’invite dans un environnement familial, prend des proportions monstrueuses et décime les gens qu’elle croise un par un, jusqu’à ce que le héros (ici, notre pré-adolescente entêtée) tente de contrecarrer ses plans d’anéantissement. Force est d’admettre toutefois que le résultat demeure ici fort sympathique.

    N’espérez cependant pas une explosion d’action et de gore disjoncté comme les précédents titres de Kiah Roache-Turner nous ont offerts. Sting se mesure à plus petite échelle, avec son action se déroulant à la manière d’un huis clos, dans quelques appartements de voisins d’un immeuble à logements, et ses deux ou trois mises à mort sanglantes. La production à petit budget rend bien les effets de sa créature — créés par la fameuse Wētā Workshop — autant de manière numérique à ses débuts qu’en format pratique, lorsque la créature est à son plus gros. Les scènes sont amusantes, mais personne n’en sortira terrifié.

    C’est que l’ambiance de Sting est plus bon enfant qu’inquiétant. En dehors de la famille reconstituée qui dresse un portrait parfois touchant de leur situation, les personnages secondaires ultra-typés font sourire pendant qu’on attend patiemment leur destin tragique. La réalisation Roache-Turner laisse peu de temps mort, mais le contraire aurait été surprenant (et surtout très triste) avec une durée d’à peine 90 minutes. On aurait d’ailleurs pris un tantinet plus de développement au sein du trio principal question de s’immiscer encore davantage dans la dynamique familiale particulière. La jeune Alyla Browne (le prochain Furiosa : A Mad Max Saga) est tout simplement parfaite dans son rôle de jeune fille dure à cuire.

    Sting est un petit film sympathique, qui ne nous sort jamais de notre zone de confort, mais vaut bien son visionnement. Maintenant, on attendra avec impatience ce que Vermines nous proposera vers la fin du mois, parce que plus il y a de films d’araignées, mieux c’est.

  • [Critique] « Godzilla x Kong : The New Empire » : une cacophonie popcorn avec un arrière-goût de brûlé

    [Critique] « Godzilla x Kong : The New Empire » : une cacophonie popcorn avec un arrière-goût de brûlé

    On sait depuis la tombée des critiques majestueuses du dernier Godzilla Minus One que ce nouveau Godzilla x Kong : The New Empire (Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire) — cinquième film de la MonsterVerse de Legendary, en plus de la récente série — avait des croûtes à manger. Pourtant, les fanatiques savent bien que les films produits par le studio ont un ton et une dynamique excessivement différents des envolées nippones du roi des monstres.

    Après les événements du dernier film, Godzilla et Kong, maintenant chacun protecteur d'un univers différent, doivent s'allier pour affronter un nouveau prédateur coriace.

    Après nous avoir donné le très réussi Godzilla vs Kong, où les titans se livraient un savoureux combat digne des Loony Tunes, le cinéaste Adam Wingard revient à la barre de la réalisation de ce nouvel opus. Scénarisé par Terry Rossio, Simon Barrett et Jeremy Slater, l’objectif numéro un est cette fois d’adopter le point de vue de Kong, et non pas de celui d’un protagoniste humain évoluant dans l’entourage des titans.

    Si intéressante semble l’entreprise sur papier, elle sacrifie rapidement l’aspect majeur de tout film de kaijūs, tentant de présenter des créatures géantes qui impressionnent de par leur gigantisme. On oublie alors les somptueux jeux de plans à échelles présentés par Garett Edwards dans le premier film de 2014, ou même plusieurs images fabuleuses qu’a implantées Michael Dougherty en montrant son roi Ghidorah, d’une grandeur gargantuesque dans le film de 2019. Terrifier n’est plus du tout l’un des postulats, et après la sortie de la dernière mouture japonaise remplie de suspense, on tombe de très haut.

    Peut-être n’est-ce pas un hasard qu’on ait décidé ici de faire de Godzilla un personnage très secondaire dans cette trame destinée aux origines de Kong. Les amateurs du reptile géant comprendront vite qu’il n’est ici que le faire-valoir du primate. Ayant certainement eu connaissance de la mise en branle d’un long métrage japonais, Legendary a possiblement décidé que miser sur Kong devenait moins risqué. Malgré quelques clins d’œil amusant, notamment au Godzilla 2000 de Takao Okawara, le roi des monstres est ici un personnage plus en retrait.

    Le scénario qui, au final, n’a pas grand-chose à dire multiplie les clichés pour essayer de créer des effets chez les spectateur·trice·s assoiffé·e·s de scènes d’action. Plus l’histoire tente d’expliquer, plus elle devient incohérente avec la structure des volets antérieurs.

    Une fois de plus, le metteur en scène assume pleinement la facture blockbuster du spectacle qu’il met en images et propose des scènes de destruction impressionnantes, à défaut d’être mémorables. Il n’en reste pas moins qu’on a l’impression qu’il copie pâlement les assauts de son film précédent et qu’on ne s’y amuse pas autant. Par ailleurs, plusieurs blagues extravagantes comme l’extraction d’une dent douloureuse à Kong ou cette nouvelle habitude qu’à Godzilla de se coucher dans le Colisée de Rome comme un chien dans sa niche, sont d’une grande stupidité et dépouille ses monstres de toute prestance. Pourtant, là où le bât blesse le plus c’est lorsque le film est involontairement comique. Il est à parier que plusieurs fans de la créature oscarisée ressentent une certaine surprise en la voyant courir comme une gazelle.

    Ce choix narratif de tirer un trait sur l’importance des humains cantonne également le personnage du Dr Andrews au titre de narrateur qui nous explique en voix hors champ les actions des titans pour s’assurer qu’on saisisse bien les enjeux. Disons-le carrément : aucun personnage non numérisé n’a de l’importance dans cette histoire rocambolesque, et cela rend la recette un peu lourde. C’est un peu déplorable de voir ainsi sous exploité le talent de l’actrice Rebecca Hall, tout de même fort à l’aise, entourée de nouveaux acteurs qui ne sont présents que pour interpréter des calques des protagonistes des épisodes passés. Même s’il possède les meilleures répliques, le savoureux Brian Tyree Henry (Bullet Train) est tout aussi anonyme.

    En conclusion, si le spectacle de Godzilla x Kong : The New Empire a de la gueule, le film n’en demeure pas moins sans âme; une cacophonie de grognements bestiaux à travers lesquels s’enfilent des scènes de combat redondantes et de démolition arbitraire. Il s’agit du moins bon épisode de la franchise, où aucune scène ne passera à l’histoire.

  • [Critique] « Winnie-the-Pooh : Blood and Honey 2 » : une orgie de dépeçage savoureuse, mais trop bavarde

    [Critique] « Winnie-the-Pooh : Blood and Honey 2 » : une orgie de dépeçage savoureuse, mais trop bavarde

    Winnie-the-Pooh : Blood and Honey 2 fait son entrée dans quelques salles peu de temps seulement après le couronnement excessif du premier opus comme le pire film de l’année aux Golden Raspberry Awards qui se sont acharnés sur son sort. Comment, et surtout pourquoi, peut-on placer à même égalité un film dont le budget tourne autour des 100 000 $ à de grosses productions dont le cachet peut être mille fois plus élevé? Voyons ce que vaut ce second opus.

    À la suite du terrible massacre de 100 Acres, Christopher Robin est confronté à une terrible réalité. Tous ne croient pas sa version farfelue des faits et plusieurs voient en lui le meurtrier. Un film racontant son histoire et relatant certaines faussetés a même été tourné — il s’agit en fait du premier volet que les personnages regardent et qu’on considère comme une fiction. Pourtant, certains villageois traquent la meute de bêtes humaines qui refera bientôt surface.

    Le cinéaste et scénariste Rhys Frake-Waterfield est de retour à la barre de ce second opus mettant en vedette le célèbre ourson et sa joyeuse bande popularisés au cinéma par Disney. Pour justifier le look maintenant évolué des prédateurs, en plus du changement d’acteur du héros Christopher (dorénavant joué par le producteur Scott Chambers), les créateurs ont eu l’idée originale d’affirmer que le film précédent n’était qu’une production douteuse relatant, à sa manière, les véritables événements. Le concept avait été utilisé dans les franchises The Human Centipede et The Blair Witch Project, mais il s’agit d’une bonne façon de souligner qu’on a conscience des lacunes du premier film et qu’on tentera d’y remédier. Encore faut-il y arriver…

    C’est pourtant en tentant d’épaissir le profil des personnages que le scénario tourne un peu à vide. Les trop longues séances de thérapie de Robin, comme les explications qui n’en finissent plus de finir sur les origines des monstres, brisent le rythme et auraient eu avantage à être écourtées. Cela étant dit, l’arrivée de Maître Hibou en tant que leader du groupe génère de nombreux passages amusants.

    Par ailleurs, ce qui surprenait du premier long métrage, c’était l’imagerie morbide des psychopathes qui surgissaient pour tuer leurs victimes. Malgré le faible budget et les nombreuses lacunes, le film original offrait une ambiance. Ici, Winnie et ses amis sont, certes, en grande forme, mais la mise en scène est davantage centrée sur l’exhibition des nouveaux maquillages que sur l’inquiétude qu’ils dégagent. On peut reprocher à Winnie-the-Pooh : Blood and Honey 2 de reproduire exactement les mêmes faiblesses au niveau de ses meurtres, où le montage hachuré au possible et les images sombres empêchent de bien apprécier le gore.

    Heureusement, la séquence finale dans une boîte de nuit donne à ce slasher, qui emprunte les thèmes de The Island of Dr. Moreau de H.G. Wells, une tuerie époustouflante où les fans pourront se bidonner allègrement. Il s’agit de l’objectif d’un tel film, et parions que le cinéaste lui-même a donné à ce passage le fondement même de son long métrage.

    Si les acteurs secondaires ne font office que de carcasses à découper et qu’ils ne sont pas suffisamment présents pour que l’on puisse juger leur jeu, les maillons importants de la distribution jouent avec un certain savoir-faire. Scott Chambers compose un Christopher sensible et parfaitement crédible.

    En conclusion, Winnie-the-Pooh : Blood and Honey 2 donnera satisfaction à ceux et celles qui se sont amusé·e·s avec le premier volet. Plus ambitieux, certes, ce second chapitre améliore certaines lacunes, mais en accentue d’autres.

  • [Critique] « Easter Bloody Easter » : mieux vaut laisser le lapin dans sa boîte que de s’offrir une séance de « fast forward »

    [Critique] « Easter Bloody Easter » : mieux vaut laisser le lapin dans sa boîte que de s’offrir une séance de « fast forward »

    On ne se lance pas dans un film appelé Easter Bloody Easter, dont l’affiche montre une sorte de lapin géant avec des cornes, en s’imaginant plonger dans l’univers psychologique d’un film du studio A24.

    Alors que les festivités du weekend de Pâques sont enclenchées dans une petite ville, une jeune femme doit affronter une créature chimérique et son commando de lapins enragés pour sauver les habitants.

    Même en acceptant le postulat ridicule et cheesy qu’il véhicule, Easter Bloody Easter ne parvient ni à faire rire ni à offrir des scènes gores mémorables dignes d’un studio de seconde zone comme la Troma.

    Si le thème des créatures enragées a été à maintes reprises exploité par le cinéma de série B, rarement a-t-on vu un amalgame aussi débile et peu concluant. Le scénario d’Allison Lobel parodie pauvrement ce sous-genre de l’horreur. Les gags éculés et désuets sont ici le miroir d’une écriture sans la moindre inspiration qui échoue même à donner un film « So Bad It’s Good ». Que l’on puisse approcher avec si peu d’intelligence l’angle humoristique et assumé de ce type de production fauchée relève de la science-fiction.

    À la réalisation, l’actrice Diane Foster (The Orphan Killer), qui aussi s’est confié le premier rôle, peine à donner un look plus recherché à son film que celui d’un vieux vidéo familial tourné avec un caméscope. La cinéaste filme ses monstres sans le moindre style avec son premier long métrage, et sa mise en scène paresseuse nous empêche même de rigoler de ses créatures, qui ressemblent à des pantoufles transformées en marionnettes.

    Mais Foster n’est guère plus à l’aise comme actrice. Alors qu’elle nous afflige de simagrées pas toujours volontaires, elle laisse une distribution uniformément sotte livrée à elle-même.

    Au final, si vous cherchez un film outrancier, faisant dans la démesure et volontairement kitsch, nous conseillons de vous rabattre sur un titre qui a le mérite d’être au moins divertissant.

  • [Critique] « Monarch : Legacy of Monsters » : un divertissement qui s’écrase sous l’absence de Godzilla

    [Critique] « Monarch : Legacy of Monsters » : un divertissement qui s’écrase sous l’absence de Godzilla

    Godzilla a fracassé les salles de cinéma en 2014 avec un grand retour tant attendu à Hollywood, qui a marqué le début du MonsterVerse par le studio Legendary. Le film de Gareth Edwards a été suivi par l’arrivée des kaijūs les plus populaires de la franchise : le célèbre King Kong, Mothra, King Ghidorah, Rodan et finalement, Mechagodzilla. Autant le spectacle visuel des quatre films (jusqu’à maintenant) est à couper le souffle, autant certaines critiques ont été adressées quant aux personnages principaux et aux scénarios de cette nouvelle franchise. Il s’agit d’un thème qui se répète malheureusement avec la série Apple TV+, Monarch: Legacy of Monsters (Monarch : l’héritage des monstres), alors qu’on parvient à peine à voir la vedette principale au détriment de protagonistes soporifiques.

    Suite à la bataille de San Francisco révélant l'existence de Godzilla et des Titans en 2014, on suit le voyage d'une famille destiné à dévoiler ses secrets enfouis et un héritage les liant à Monarch, agence gouvernementale secrète qui chasse et étudie les organismes terrestres massifs non identifiés.

    La bonne nouvelle, c’est que chacune des apparitions des kaijūs est mémorable et les scènes d’action s’avèrent spectaculaires grâce au budget important qu’Apple TV+ a investi dans la série. En observant le traitement réservé aux personnages principaux et à Godzilla lui-même, il est toutefois difficile de ne pas penser au récent succès du largement supérieur Godzilla: Minus One de la Toho, réalisé pour moins de 15 millions de dollars. Le drame familial au cœur de l’histoire de Monarch: Legacy of Monsters n’a rien pour épater la galerie, et on peut dire la même chose de l’intrigue d’espionnage et des mystères liés à la société qui occupent une grande majorité du temps de la série.

    Ce qui capte l’attention, c’est l’expansion du MonsterVerse à travers différents nouveaux kaijūs excitants qui réussissent à garder éveillé. Les fans de l’univers cinématographique ont beaucoup à se mettre sous la dent avec des séquences visuellement captivantes impliquant les monstres : ce sont des moments qui vous feront lever de votre siège. On doit également accorder du crédit à la distribution du personnage de Lee Shaw, un ancien colonel de l’armée américaine qui finit par s’impliquer avec Monarch, avec le duo père/fils Kurt Russell et Wyatt Russell, véritable coup de génie. En effet, la série s’aventure également dans des flashbacks et des sauts dans le temps qui peuvent parfois devenir étourdissants. L’origine de Monarch – la méchante société à l’image des Umbrella Corporation, Cyberdyne Systems et Weyland-Yutani de ce monde – est explorée en long et en large, mais ne suscite pas le même intérêt que lorsqu’on contemple les créatures colossales semer la destruction et livrer des combats infernaux.

    Les apparitions de l’attraction principale, Godzilla, se font rares à travers les dix épisodes, et Monarch: Legacy of Monsters introduit beaucoup de personnages ternes qui font encore davantage ressentir son absence. Le tout est sauvé par des effets spéciaux épatants et certains moments forts qui ont d’ailleurs presque tous été dévoilés dans les bandes-annonces. D’un point de vue technique, la trame sonore vibrante et la mythologie grandissante de l’univers réussissent tout de même à nous embarquer dans l’aventure.

    Monarch: Legacy of Monsters se termine sur une note si forte (le dernier épisode arrive le 5 janvier prochain) qu’on parvient presque à oublier ses moments plus faibles. Il est toutefois difficile de ne pas penser au potentiel gâché, surtout avec le récent succès du fantastique Minus One. La balle est dans votre camp, Hollywood.

  • [Critique] Dark Harvest: un carnage d’Halloween avec beaucoup de jus, mais peu de chair

    [Critique] Dark Harvest: un carnage d’Halloween avec beaucoup de jus, mais peu de chair

    L’histoire derrière la sortie de Dark Harvest est un peu triste. D’abord annoncé en 2019, le dernier film de David Slade, l’homme derrière 30 Days of Night, Hard Candy et Black Mirror: Bandersnatch, a connu quelques aléas de production avant d’être finalement tourné en 2021. Puis, sa parution en salle a été reportée à deux reprises pendant la pandémie de COVID, pour finalement atterrir discrètement comme une patate chaude vendredi dernier chez Prime Video au Canada. Nul doute que les studios ont perdu foi quant au potentiel du slasher surnaturel.

    Dans les années 60, au cœur d'une petite ville du Midwest américain, une légende plutôt particulière fait rage: celle de Sawtooth Jack. Chaque Halloween, l'épouvantail maudit, qui guette les champs de maïs environnants, se réveille et entreprend un carnage annuel en chemin jusqu'à l'église locale. La tradition veut que les jeunes hommes des lieux prennent la créature en chasse jusqu'à ce que l'un d'eux la moissonne et remporte ainsi la chance de quitter le patelin. 
    Dark Harvest affiche film

    Adapté du roman de Norman Partridge paru en 2006, lauréat d’un Bram Stoker Award, Dark Harvest nous transporte dans l’univers fictif d’une ville assiégée par cette légende surnaturelle en surface plutôt attrayante. Richie vit dans l’ombre de son frère depuis qu’il a remporté l’infâme course l’année précédente, mais le jeune homme est déterminé à déserter la petite communauté corrompue ainsi que sa famille divisée par le départ de leur fils aîné vers de pâturages plus verts.

    Difficile de rendre l’époque à laquelle Dark Harvest se déroule au goût du jour à l’écran. À travers cette marre de jeunes hommes en surdose testostérone qui coursent à savoir qui fessera le plus fort — pensez à une nuit de Purge exclusivement mâle adolescente — un seul personnage féminin est véritablement abordé, mais pas n’importe lequel: celui de Kelly (attachante Emyri Crutchfield, Amazing Stories), jeune femme afroaméricaine récemment débarquée en ville, et pour qui Ritchie en pince. Sa présence dénonce évidemment le racisme des années, mais permet aussi les uniques angles sensibles du récit.

    Mais la réalisation de Slade s’intéresse davantage aux têtes qui s’ouvrent sous nos yeux et aux litres de sang qui se déversent dans les rues de cette chasse annuelle grâce à un bon nombre d’effets gore extravagants. Le mélange entre le pratique et le numérique fonctionne et offre des scènes percutantes, à l’image des magnifiques apparitions de Sawtooth Jack, créature à mi-chemin entre Pumpkinhead et Sam de Trick ‘r Treat.

    Le carnage est peut-être divertissant pour l’œil, mais manque de cohésion au niveau du scénario. Michael Gilio (Dungeons & Dragons: Honor Among Thieves) et Norman Partridge adaptent l’histoire pour l’écran, qui ne parvient pas à susciter de réelles passions, ni même de frissons. La faute est entre autres mise sur le développement unidimensionnel de ses personnages — majoritairement antipathiques — et certains éléments de la légende qui demeurent trop flous. Pourquoi la créature doit-elle se rendre à l’église exactement? Comment est-elle née et d’où lui vient sa soif de sang? Plus encore, pourquoi ces gens ne peuvent quitter les lieux? Une scène pendant le générique de fin développe bien quelques éléments de réponses, mais la majorité de ces mystères, qui constituaient pourtant l’un des principaux attraits du métrage, sont pourtant laissés dans l’ombre.

    Autrement, l’ambiance d’Halloween bien glauque de Dark Harvest justifie un visionnement pendant la belle saison, même si le titre ne risque pas de se retrouver dans les plus marquants de l’année horrifique.

  • [Critique] It Lives Inside: la chasse aux démons est ouverte

    [Critique] It Lives Inside: la chasse aux démons est ouverte

    Habitué des courts-métrages, le cinéaste Bishal Dutta faisait ses débuts avec son premier long, It Lives Inside (Il vit en nous), en mars dernier à SXSW. Le retour du public était relativement encourageant, alors que Bishal Dutta est reparti avec le prix du public Midnighters Audience Award. Dutta rejoint ainsi la nouvelle génération de réalisateurs qui font le saut dans l’horreur — ou plutôt l’elevated horror, pour reprendre les termes de Scream (2022). Est-ce que le film est à la hauteur de ses thématiques ambitieuses?

    Hantée par le comportement étrange d'une camarade de classe, Samidha doit apprendre à faire la paix avec son héritage indien afin de combattre une entité démoniaque et sauver son amie des griffes du mal.
    It Lives Inside affiche film

    Dès l’ouverture avec son plan séquence macabre, It Lives Inside instaure un climat d’effroi qui perdure tout au long de cette descente aux enfers. Compétent, mais peu original, le résultat final nous entraîne dans des formules connues et un rythme prévisible qui nous empêchent de complètement embarquer dans le délire.

    La mise en scène laisse place à des images terrifiantes et à des mouvements de caméra créatifs, qui sont toutefois emprisonnés dans un scénario mal tissé. La présence démoniaque est au rendez-vous, la grande force du film résidant dans l’atmosphère sordide imprégnée de rouge et noir. Les coutumes indiennes et la mythologie hindoue ajoutent de la personnalité et une richesse appréciables au film, même si le potentiel n’est pas tout à fait exploité dans son entièreté.

    On se doit d’admirer le travail des effets spéciaux pratiques. Considérant le budget de la production, les manifestations surnaturelles s’enchaînent en livrant une allégorie sur la dépression et un message intéressant sur l’acceptation culturelle. Sentiment de déjà vu? It Lives Inside emprunte des thématiques d’actualité qui surgissent dans plusieurs films d’horreur modernes et s’enfarge légèrement dans l’exécution. On tombe éventuellement dans une zone de prévisibilité et un piège à clichés qui empêche l’œuvre finale de prendre son plein essor.

    It Lives Inside image film

    Malgré tout, l’exploration du folklore hindou avec le Pischacha — un démon mangeur de chair — élève le matériel et donne naissance à des séquences d’épouvante déstabilisantes qui valent le prix d’entrée. Il est difficile d’ignorer les nombreuses influences visibles du cinéma d’horreur à travers ces moments de terreur: la contorsion de The Ring, le jeu de lumière de Lights Out, le pouvoir d’invisibilité de Predator et l’ambiance de banlieue du Halloween de John Carpenter. On a même droit à un doppelgänger du Necronomicon et une créature tout droit sortie d’une œuvre d’H.P. Lovecraft. Votre appréciation du film risque de varier selon votre tolérance à ces hommages qui ne sont pas toujours subtils.

    À noter également la présence de Megan Suri (Missing), qui devrait apparaître sur les radars d’Hollywood après cette performance. Le jeu des interprètes n’est pas parfait dans l’ensemble, mais la jeune actrice principale, en plus de celui de Betty Gabriel (Get Out), a su ressortir du lot.

    Tout compte fait, It Lives Inside est un mélange intriguant d’incantations sataniques, d’immersion culturelle et de teen horror qui devrait trouver son public lors de sa sortie en salle (ou sur demande).

    Cette critique était publiée dans le cadre de l’édition 2023 de Fantasia.